Faits divers – Justice

Les coulisses de la Police Municipale de Metz étalées au palais de justice

Par Thomas Jeangeorge, France Bleu Lorraine Nord mercredi 5 octobre 2016 à 18:52

Le palais de justice de Metz.
Le palais de justice de Metz. © Radio France - François Pelleray

Un brigadier de 35 ans a comparu ce mercredi 5 octobre devant le tribunal correctionnel de Metz pour agressions sexuelles sur l'une de ses collègues. 8 mois de prison avec sursis ont été requis contre lui. Son avocat a plaidé la relaxe.

Les coulisses de la Police Municipale de Metz étalées en justice. Le tribunal correctionnel s’est penché sur une affaire d’agression sexuelle impliquant un brigadier de 35 ans et l’une de ses collègues. Entre janvier 2013 et décembre 2015, cette agent de surveillance de la voie publique l'accuse d'attouchements au sein même des locaux de la police municipale. Le ministère public a requis à l'encontre du prévenu, 8 mois de prison avec sursis, son inscription au fichier national des délinquants sexuels et l'interdiction d'exercer au sein de la fonction publique. L'avocat de la défense a plaidé la relaxe. Le tribunal rendra son jugement le 19 octobre prochain.

Paroles contre Paroles

A la barre, la plaignante, une petite femme à lunettes d'une 40aine d'années se plaint notamment d'attouchements à la poitrine. Le prévenu reconnait partiellement les faits mais évoque pour sa défense une connivence entre les 2 collègues. L'agent de surveillance de la voirie publique évoque aussi des faits plus graves. Ce brigadier l'aurait contraint à une masturbation à l'arrière d'un fourgon policier garé à proximité de la cathédrale St Étienne. « C'est complément faux, elle ment » réplique sèchement cet homme marié.

L’image de la Police Municipale ternie

Ses explications ne convainquent pas le ministère public. La substitut dénonce des faits graves et inadmissibles : 8 mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer au sein de la fonction publique. Ces réquisitions surprennent l'avocat de la défense pour qui toute cette affaire n'est qu' « un jeu entre adolescents boutonneux et immatures ». Il évoque d’ailleurs une ambiance paillarde au sein de la Police Municipale de Metz, des jeux sexuels fréquents. La représentante du procureur de la République se dit d’ailleurs consternée par ces agissements. Au fond de la salle d’audience, des émissaires de la ville de Metz baissent le regard.

La ville de Metz s'est constituée partie civile dans cette affaire et réclame 1000 euros de dommages et intérêts. Une procédure disciplinaire à l'encontre du brigadier devrait être également relancée une fois le jugement du tribunal correctionnel connu. Le prévenu et la plaignante travaillent toujours au sein de la Police Municipale de Metz mais dans des services différents. L’agent de surveillance de la voie publique envisage toutefois de quitter ses fonctions pour devenir surveillante pénitentiaire.

Une autre affaire secoue actuellement la Police Municipale de Metz. Un chef d'unité est accusé de viol par une collègue. L'affaire remonterait à 2011, mais elle a été révélée en septembre dernier par l'association contre les violences faites aux femmes au travail. Une enquête est en cours.

La police Municipale de Metz dans la tourmente - Maxppp
La police Municipale de Metz dans la tourmente © Maxppp - christian Jarry

Partager sur :