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Faits divers – Justice

Les ex-salariés de Goodyear aux prud'hommes : "Il n'y avait aucun motif de licenciement", estime leur avocat

jeudi 4 octobre 2018 à 16:20 - Mis à jour le jeudi 4 octobre 2018 à 19:50 Par Eric Turpin et Elodie Touchais, France Bleu Picardie et France Bleu

Quelques 800 ex-salariés de l'usine Goodyear d'Amiens ont contesté jeudi devant les prud'hommes leur licenciement par la direction en janvier 2014. Leur avocat a réclamé entre deux et quatre années de salaires d’indemnité. Jugement le 16 mai 2019.

Les ex salariés de Goodyear assistent à l'audience délocalisée dans une salle de spectacle
Les ex salariés de Goodyear assistent à l'audience délocalisée dans une salle de spectacle © Radio France - Elodie Touchais

Amiens, France

Les ex-salariés de Goodyear devant la justice. Ils sont 832 à poursuivre l'ancienne usine de pneus d'Amiens. Ils contestent leur licenciement en janvier 2014 alors que le site était rentable. Le procès hors norme s'est ouvert ce jeudi matin dans une salle de spectacle, à Mégacités, le palais de justice ne pouvant accueillir autant de monde. 

Pendant plus de quatre heures, sans pause, l'avocat des ex-salariés de Goodyear a tenté de démontrer point par point devant le conseil des prud'hommes qu'il n'y avait aucun motif financier valable pour fermer l'usine d'Amiens. 

Perché sur la scène de l'auditorium devant près de 800 anciens salariés totalement silencieux, Fiodor Rilov a jeté des chiffres, ceux des profits affichés par le groupe de pneus en 2014 : 2,5 milliards de dollars de bénéfices nets (2,1 milliards d'euros), des dividendes aux actionnaires multipliés par quatre. Des chiffres records, « les plus élevés de l'histoire de Goodyear », a souligné l'avocat, citant alors le PDG de la multinationale. 

Goodyear a ruiné nos vies

« Affolant ! Tout cet argent me donne la nausée », souffle Jean-Marc sorti prendre l'air. « Une poignée aurait suffi à nous sauver. Au lieu de ça, on nous a jeté à la rue. Pire que des chiens », poursuit l'ancien salarié, « Goodyear a ruiné nos vies pour s'en mettre encore plein les poches ». C'est cela que Jean-Marc voudrait faire reconnaître par les Prud'hommes. Me Fiodor Rilov a réclamé une indemnisation entre deux et quatre années de salaires pour chacun des salariés licenciés. 

Les trois avocats de la direction se sont évertués à redorer le blason de l'entreprise Goodyear dans l'après-midi. « Nous défendons une entreprise responsable, consciente que le licenciement n'est évident pour personne », ont-ils expliqué avant de préciser qu'un effort avait été fait sur les indemnités (50.000 euros par salarié licencié) et les mesures de reclassement. 

« Il y avait bien un motif économique à la fermeture de l'usine d'Amiens », ont ajouté les avocats de la direction, « Goodyear a voulu sauvegarder sa compétitivité en fermant le site d'Amiens... Mais bien sûr qu'on le regrette ». Les mots se perdent dans la salle désertée déjà par de nombreux salariés. 

Jugement rendu en 2019

Les ex-salariés de l'usine d'Amiens devront attendre plus de sept mois avant de connaitre la décision du conseil des prud'hommes. Le jugement sera rendu le 16 mai 2019.  

L'usine Goodyear d'Amiens a fermé ses portes en janvier 2014 après sept ans de combat. A la clé, la suppression de 1.143 emplois. 

Les ex-salariés de Goodyear se retrouvent devant l'entrée de Mégacités à Amiens où se tient l'audience devant les prud'hommes - Radio France
Les ex-salariés de Goodyear se retrouvent devant l'entrée de Mégacités à Amiens où se tient l'audience devant les prud'hommes © Radio France - Elodie Touchais