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Faits divers – Justice DOSSIER : Nordahl Lelandais

Les familles des "disparus des Alpes" en appellent à la Garde des Sceaux

mercredi 13 mars 2019 à 20:01 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère

Les familles des "disparus des Alpes" sont en colère. Elles en appellent à la Garde des Sceaux pour savoir où en sont leurs dossiers. Elles dénoncent une justice "inhumaine". Quatre d'entre elles ont tenu ce jeudi une conférence de presse à Grenoble, avec leur avocat.

Quatre familles de disparus sur les 29 recensés dans les Alpes : Dalila Boutvillain, Lauriane Lopez, Régis Pique et Marie-Christine Balmain
Quatre familles de disparus sur les 29 recensés dans les Alpes : Dalila Boutvillain, Lauriane Lopez, Régis Pique et Marie-Christine Balmain © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

Régis Pique, Marie-Christine Balmain, Lauriane Lopez et Dalila Boutvillain font partie de l'association "Assistance et recherche de personnes disparues". Une grande solidarité les lie, car ces familles vivent toutes le même drame : la disparition inexpliquée d'un proche dans les Alpes, ces dernières années.

Les magistrats disent ne pas avoir le temps de recevoir les familles des disparus

Malik Boutvillain a disparu en faisant son footing à Échirolles en mai 2012, Nelly Balmain à Sain-Jean-en-Royans, en août 2011, à la limite entre l’Isère et la Drôme, Éric Foray en allant faire des courses, en septembre 2016 à Chatuzange-le-Gourbet, dans la Drôme et Frédéric Derlot, lors d'une randonnée en montagne, entre la Suisse et la Haute-Savoie, en août 2018. 

Son ex-épouse, Lauriane, et leurs deux enfants de 14 et 18 ans vivent un cauchemar : "Je demande à être reçue par le procureur de Thonon-Les-Bains. J'ai des informations importantes à lui communiquer qui pourraient aider l’enquête. Il m'a fait répondre qu'il n'avait pas le temps. J'ai appris cela au travail et je me suis effondrée en pleurs sur mon ordinateur ! Qu'est-ce-que je peux dire à mes enfants ?"

On ne pense qu'à nos disparus. Notre vie est foutue" - Régis Pique

"On s'endort en pensant à ce qui a pu leur arriver, on se réveille avec cette pensée. Notre vie est foutue. Et personne ne nous écoute. On est abandonnés" explique Régis, le compagnon d'Éric Foray.

Leur avocat, Maître Bernard Boulloud, a tenu ce jeudi une conférence de presse, à la maison de l'Avocat de Grenoble, pour dénoncer une justice "inhumaine" qui méprise ces familles : "Elles ne demandent pas grand chose. Juste qu'on les reçoive pour leur dire où en est leur dossier. C'est dans le code de procédure pénale. Mais les juges disent qu'ils n'ont pas le temps !"

Si on était des gens connus, cela ne se passerait pas comme cela" - Dalila Boutvillain

Dalila Boutvillain renchérit : "Si on était des gens connus, cela ne se passerait pas comme cela. On y mettrait les moyens. Mais nous, on est des gens simples et même si le dossier de mon frère a été rouvert l'an dernier, il est vide comme en 2012 !"

Le mois dernier, le général Lecouffe avait révélé que 40 dossiers de disparitions qui pouvaient avoir un lien avec Nordhal Lelandais avaient été retenus par la cellule Ariane de la gendarmerie : "Je lui ai écrit, mais il ne m'a pas répondu", s'indigne Maître Boulloud. "On veut juste savoir si mes clients en font partie ou pas. Ce n'est pas compliqué ! Et bien, non. C'est un mur de silence et de mépris qu'on a en face de nous. Les magistrats ne nous répondent pas non plus !" 

Le silence de la justice face à la douleur des familles de disparus

L'avocat en appelle donc à la Garde des Sceaux : "Qu'elle nous reçoive ! Elle verra la douleur de ces familles. Non seulement, elles ne savent pas ce qu'est devenu leur proche, mais à cette douleur, on oppose un manque d'humanité. On ne recherche pas un chien ! On cherche un être humain ! La loi doit changer pour ces affaires de disparitions. On est prêts, avec l'association ARPD, assistance et recherche des personnes disparues, à faire des propositions."