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Faits divers – Justice

Une habitante de Roquebrun victime d’actes racistes

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Par , France Bleu Hérault

Une Camerounaise subit depuis des mois des actes racistes à Roquebrun (Hérault). Des bananes et du poisson pourri sont lancés de manière régulière contre son magasin. Des actes odieux dénoncés par une partie de la population qui a conscience que la réputation du village est entachée.

Commune de Roquebrun (Hérault)
Commune de Roquebrun (Hérault) © Radio France - Stéfane Pocher

Roquebrun, France

Depuis deux ans, une Camerounaise vit un véritable calvaire à Roquebrun. Cette commerçante est victime d'actes racistes répétés. Nadine est la cible d'un ou plusieurs habitants qui s'acharnent contre elle. Cette artiste peintre s'est installée dans cette petite commune touristique de 600 habitants. Elle confectionne par ailleurs des produits culinaires avec du safran issu de sa propre production dans une commune voisine, Berlou.

Un véritable harcèlement

Depuis son arrivée, Nadine ne compte plus les nombreux actes de malveillances : des bananes pourries lancées sur la façade de son commerce rue du Barry (juste derrière le bureau de Poste), du poisson décomposé dégageant une odeur pestilentielle sur son magasin ou encore des voitures qui se garent délibérément au ras de sa boutique.

Du chocolat en poudre projeté sur la vitrine du magasin, des pots de fleurs régulièrement retrouvés cassés

Cette commerçante est désespérée. Elle vit seule ici avec sa fille de 10 ans. Nadine est arrivée en 1992 dans le sud de la France, où elle a passé son baccalauréat et ses diplômes supérieurs. Son dossier de naturalisation est en cours. Elle n'osait pas évoquer ce qu'elle vivait. Depuis peu, des commerçants voisins et des habitants viennent la soutenir. Elle a déposé une main courante à la brigade de gendarmerie pour dénoncer ces actes.

Des actes dénoncés dans la commune de Roquebrun. Reportage France Bleu Hérault

"J'avais honte d'en parler. Je me suis sentie bien seule."

"Au départ j'ai pensé qu'on ne voulait pas de moi ici. Mais les bananes ont vraiment une connotation raciste. On m'a pris pour un singe" dit Nadine

Son calvaire a été évoqué en conseil municipal. Des faits dénoncés par la maire Francine Marty. Dans la commune, les habitants sont peu bavards. Ceux qui acceptent d'en parler dénoncent ce qu'ils considèrent être du racisme à l'état pur. 

Dans le village, chacun s'interroge sur le ou les auteurs de ce harcèlement 

Mais Nadine ne semble pas la seule à avoir été victime de faits similaires. Il y a sept ans, Clément a ouvert un bureau de tabac dans ce charmant village au bord de la rivière l'Orb, à 35 kilomètres environ au nord-ouest de Béziers, dans les Hauts cantons de l'Hérault. Les premières années de ce jeune Martiniquais trentenaire n'ont pas été faciles. Des rumeurs ont circulé dès son installation. "J'étais un revendeur de drogue" disaient les mauvaises langues. Une rumeur prise très au sérieux, ce qui lui a valu une enquête de gendarmerie. 

Sa mère, installée dans le village bien avant lui, se souvient encore des moments difficiles subis par son fils. 

"Ce n'est pas normal ce que vit Nadine. Tout le monde le sait et personne n'agit" dit Clément

Un jeune de 19 ans reconnait qu'il est bien difficile pour les nouveaux arrivants de s'installer dans la commune : "Les anciens sont racistes." "S'acharner de cette manière-là, il y a un pas à ne pas franchir ! C'est honteux", ajoute Nacer. Ce Lyonnais vient régulièrement passer ses vacances à Roquebrun. Il est outré.

"C'est déplorable que des gens puissent encore en arriver là. Vous savez, dans les petits villages, même un pur Français est en étranger quand il s'installe."

"Je suis persuadé que c'est plus de la peur que du racisme'' dit Nacer

Nadine a bien une petite idée de l'identité de son bourreau. "Encore faut-il avoir des preuves. Il ne sert à rien de pointer du doigt telle ou telle personne. Il faut que cela cesse." 

"Je me sens bien ici. J'ai seulement envie d'exercer mon métier et m'intégrer encore un peu plus avec ma fille. J'ai été dans l'ensemble bien accueillie. La mairie m'a mis à disposition un local pour mon commerce. J'aime ce que je fais ici."

Forcément la mairie est très embarrassée. C'est l'image de la commune qui en prend un coup. Et en cette période touristique, ce n'est pas le moment que des vacanciers annulent leur venue à cause d'un comportement déplorable issue d'une infime minorité d'habitants.
 

La maison de l'Epice : le magasin de Nadine à Roquebrun - Radio France
La maison de l'Epice : le magasin de Nadine à Roquebrun © Radio France - Stéfane Pocher
Le pont qui enjambe le fleuve "L'Orb" à Roquebrun (Hérault) - Radio France
Le pont qui enjambe le fleuve "L'Orb" à Roquebrun (Hérault) © Radio France - Stéfane Pocher
Une pancarte indique l'entrée du magasin de Nadine - Radio France
Une pancarte indique l'entrée du magasin de Nadine © Radio France - Stéfane Pocher
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