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Les habitants du quartier Malakoff à Nantes désespérés après la fusillade de dimanche soir

Par Aurélien Tiercin, France Bleu Loire Océan lundi 24 octobre 2016 à 18:26

La place Rosa Parks, scène d'une nouvelle fusillade ce dimanche à Nantes
La place Rosa Parks, scène d'une nouvelle fusillade ce dimanche à Nantes © Radio France - Aurélien Tiercin

Ce dimanche, peu avant 20h, une fusillade a éclaté place Rosa Parks dans le quartier Malakoff à Nantes. Une vingtaine de coups de feu tirés sous les fenêtres des habitants, qui sont exaspérés par la violence qui gangrène le quartier.

Depuis des années, la place Rosa Parks est pointée du doigt. "Dès sa construction, tout le monde s'est aperçu que ça allait poser problème. Elle est vide, elle n'est pas occupée et les dealers de drogue s'en emparent" s''exclame un riverain au passage de David Martineau, adjoint de quartier à la ville de Nantes. Ce dernier défend son bilan avec notamment la mise en place d'un marché le jeudi et le retour d'une charcutière.

Il faut que ça s'arrête ces coups de feu. On n'en peut plus. Des grands-parents n'osent plus sortir à Malakoff. Même les mamans empêchent les petits gamins de se promener" - Mouloud, habitant de Malakoff

Sauf que ces événements ponctuels n'ont pas arranger la situation dans le quartier. David Martineau propose également de réaménager la place Rosa Parks, de replanter des arbres pour essayer de rendre le lieu plus vivant. "Mais le problème est plus profond que ça voyons !". Jean-Claude est écœuré après les coups de feu. Il est arrivé à Malakoff il y a quatre ans, sur proposition de la ville de Nantes, pour participer à la mixité sociale dans le quartier. 'Force est de constater que ça n'a pas marché. Aménagez la place comme vous voulez, ça ne changera rien. La violence, c'est un cancer qui s'est développé depuis des dizaines d'années et on n'a rien fait".

Nous avons un problème de structure de population. Nous avons laissé de côté des gens qui n'avaient pas la même culture. Nous n'avons pas accompagnés les enfants de ces gens-là à l'école alors qu'il y a une lecture de l'école à faire. Et il faut s'attaquer à ce problème de fond" - Jean-Claude, à Malakoff depuis quatre ans

La fusillade n'aurait aucun lien avec l'altercation pendant le match de futsal entre les équipes de Malakoff et Bellevue

Annie, une voisine, enchaîne :"On va encore dépenser de l'argent pour rien. On va détruire du neuf pour reconstruire du neuf ?" Elle veut miser sur l'éducation "et tant qu'il n'y aura pas de boulot pour ces jeunes en déshérence, la situation ne changera pas". La réponse immédiate, la seule proposée par les services de sécurité de la ville de Nantes c'est plus de patrouilles de la part des policiers.

En ce qui concerne la fusillade de dimanche soir, pendant laquelle deux personnes ont été touchées, plus une troisième blessée à l'arme blanche, les raisons sont toujours inconnues. Mais il n'y aurait aucun lien avec la bagarre qui a éclaté pendant un match de futsal la veille à Beaulieu entre les équipes des quartiers de Malakoff et de Bellevue. Pour le président du club de Bela (Malakoff), cela n'a aucun lien. "Nos joueurs ne sont pas de Malakoff et n'étaient pas visés par ces coups de fusil (sic). Il faut savoir que ces altercations durent depuis des années, notre club a subi cela comme d'autres manifestations, d'autres fêtes où ces jeunes se donnent rendez-vous pour en découdre malheureusement".

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