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Les incendies criminels auraient-ils pu être évités à Béziers ?

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Par , France Bleu Hérault

Pour Robert Ménard, le manque de moyens de la police nationale dans le quartier de la Devéze est sans aucun doute l’une des raisons de la flambée de violences le soir de la Toussaint. Ce quartier est devenu un ghetto, d’après le maire de Béziers. L’élu pointe du doigt le ministre de l’Intérieur.

Une des classes de l'école Tamaris de Béiers, ravagée par l'incendie
Une des classes de l'école Tamaris de Béiers, ravagée par l'incendie © Radio France - Elena Louazon

Des voix s’élèvent après la série d’incendies criminels dans le quartier de la Devéze à Béziers la nuit de la Toussaint. L'école élémentaire Les Tamaris fortement impactée sera rasée. Les dégâts sont trop importants. 

La polémique refait surface

Le manque de moyens du commissariat de Béziers, bien souvent pointé du doigt par les syndicats de police refait surface. N'auraient-ils finalement pas raison ? De nombreux fonctionnaires l'assurent discrètement au fil des discussions. "Mais aucun officier ne prendrait le risque de dénoncer publiquement les difficultés quotidiennes que nous rencontrons  pour mener à bien notre mission de service public" expliquent en off, plusieurs fonctionnaires de l'Hôtel de Police de Béziers.

Après les événements récents dans le quartier de la Devéze, la préfecture de l'Hérault a déployé des renforts de CRS dans la soirée. Mais n'aurait-il pas fallu, le faire plus tôt dans la soirée s'interrogent de nombreux riverains dans le quartier. Le sous-préfet de Béziers Christian Pouget assure que des mesures préventives ont été prises et que les équipes ont été renforcées en amont, à la demande du préfet de l'Hérault. 

La députée Emmanuelle Ménard saisit le ministre de l'intérieur après ces nouvelles violences

Selon le représentant de l'État, l'Hôtel de ville de Béziers n'est pas plus démuni qu'un autre établissement. La preuve, la police a été extrêmement efficace. En moins de 24 heures, l'auteur présumé a été interpellé. Par ailleurs, le soir des incendies, des renforts avaient été mis en place. Le malaise est bien plus profond.

"Que faisait ce gamin de 15 ans dehors à une heure si tardive dans le quartier de la Devèze ? Il doit y avoir une prise de conscience de la population. Que chacun soit devant ses responsabilités. Les parents ont un rôle à jouer". (Christian Poujet)

"Je ne pense pas qu'on puisse parler de manque de moyens au commissariat de Béziers. L'effectif est parfaitement dans la norme des autres  commissariats de France. Il est clair que plus on met de policiers ou de gendarmes, plus on améliore le sentiment d'insécurité. Mais je ne suis pas certain que ça soit la totalité et la seule réponse à faire. On le voit bien, la personne suspectée d'avoir mis le feu a 15 ans. Il y a deux ans, ce jeune avait déjà commis des faits à la Toussaint.

Il y a un vrai problème de société. On ne pourra jamais mettre un policier derrière chaque enfant de 15 ans pour vérifier qu'il ne joue pas avec les allumettes. Il faut aussi une prise de conscience de la population. Que chacun soit devant ses responsabilités. La police, oui bien sûr c'est nécessaire, c'est indispensable, mais ce n'est pas la seule réponse à apporter".

Le problème à la Devèze n'est pas qu'un problème d'effectifs. Le malaise est bien plus profond explique Christian Pouget

Les "Ménard" ne partagent pas le même avis

La députée de la 6e circonscription de Béziers s’est rendue sur place ce lundi pour contempler les dégâts. Elle a l'intention de saisir cette semaine le ministre de l'Intérieur pour que soit mis en place une politique de prévention dans les quartiers sensibles.  Emmanuelle Ménard qui vient de lui envoyer un courrier (voir ci-dessous) a rappelé que le quartier de la Devèze est un quartier prioritaire de la ville de Béziers. 140 millions d'euros ont été investis pour sa modernisation. Autant le seront prochainement. 

"Il faut qu'on ait une politique de prévention et une politique de présence policière avec un poste de police qui soit ouvert plus largement dans ce quartier, justement pour pouvoir prévenir de nouveaux désordres de ce type-là. On ne peut pas laisser passer. Un incendie d'une école, ce n'est pas possible. Il faut absolument qu'on prévienne ce genre d'événement. Toute cette politique de la ville sera vaine, s'il n'y a pas une politique de sécurité qui l'accompagne.

"La première responsabilité éducative incombe aux parents, mais il faut aussi fait une présence visible de la police pour dire à ces petits voyous que non, on ne fait pas n'importe quoi. Et quand ils sont suspectés de traîner dans la rue pour préparer un mauvais coup, on les en empêche, on les arrête et on leur explique ce qu'ils risquent".

''Je ne suis pas sûre que le gamin de 15 ans suspecté de l'incendie, sache vraiment qu'il risque jusqu'à 10 ans de prison. Cet exemple doit servir de leçon, à ceux, qui seraient tentés de faire la même chose dit Emmanuelle Ménard

Le retour de médiateurs dans les quartiers ?  

Pour le maire de Béziers, Robert Ménard, le responsable de cette situation est le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.   

"La politique de la ville, c'est bien. Refaire des places, raser des immeubles, c'est bien, mais si on ne répond pas à cette question de sécurité, ça veut dire qu'on pourrit la vie de 98 % de la population du quartier". 

"Je suis de ce quartier. J'ai passé mon adolescence à la Devèze. Ce quartier est devenu une espèce de ghetto, malgré les presque 300 millions d'euros investis. Ici, il y a quelque chose qui ne marche pas".

Robert Ménard, accusé par ses opposants politiques d'avoir supprimé les médiateurs, n'est pas favorable à leur retour. Ce n'est pas efficace d’après l'élu. Le problème est clairement l'absence de policiers nationaux.

"La nuit, les polices nationale et municipale, les pompiers se font caillasser dans ce quartier. C'est la réalité. Ici il y a une antenne du commissariat, mais elle est fermée en fin d’après-midi. Comment on fait ? On sait très bien que les problèmes surviennent la nuit. On a besoin de plus de moyens". 

"Je vous rappelle que Monsieur Castaner a refusé que Béziers bénéficie de la police du quotidien. J'espère qu'il se mord les doigts".

"Parce que peut-être, si on nous avait donné les moyens, comme à d'autres villes, peut-être qu'on n'en serait pas là. En tout cas, on aurait plus de présence policière et on aurait évité un certain nombre de choses".

"Je vous rappelle que Monsieur Castaner a refusé que Béziers bénéficie de la police de sécurité du quotidien"

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