Faits divers – Justice

Les incendies de l'été dans les Bouches-du-Rhône coûteront plus de huit millions d'euros

Par Rosalie Lafarge, France Bleu Provence et France Bleu vendredi 16 septembre 2016 à 19:24

Paysage lunaire après l'incendie de Châteauneuf-les-Martigues
Paysage lunaire après l'incendie de Châteauneuf-les-Martigues © Maxppp - Rosalie Lafarge

2016 restera comme l'une des années record pour les incendies dans les Bouches-du-Rhône. Près de 5 000 hectares ont brûlé. Le nombre colossal d'interventions des pompiers se chiffre à plus de huit millions d'euros.

Près de 5.000 hectares de forêt et de végétation ont brûlé à travers 355 départs de feu cet été dans les Bouches-du-Rhône. C'est le bilan le plus élevé de ces dix dernières années.

Les pompiers ont été extrêmement mobilisés. Et l'addition est salée : plus de huit millions d'euros. Par rapport à une saison traditionnelle, le surcoût pour le SDIS a été de 1,6 million d'euros, qui seront majoritairement pris en charge par le département, principal financeur du SDIS.

Le plus grand feu de l'été, qui a touché la zone de Rognac au nord de Marseille et qui s'est arrêté aux portes de la ville, a consumé 2.700 hectares le 10 août. Le même jour, 800 hectares sont partis en fumée à Fos-sur-Mer. Le 5 septembre, un feu a touché 300 hectares du massif des Calanques, au sud de la ville.

"Etre sur le terrain tous les jours à attendre des événements, ce n'est pas évident. L'arrivée des pluies est un soulagement. Même si nous avons huit pompiers blessés, il n'y a pas de victimes et c'est important. Et 5.000 hectares par rapport à tout ce qui a pu être sauvé, il faut également relativiser." Colonel Grégory Allione, directeur du Service départemental d'incendie et de secours des Bouches-du-Rhône

Au total, le département a connu cinq incendies de plus de 100 hectares, alors qu'il n'en avait connu aucun les trois dernières années.

Une saison estivale particulièrement compliquée

"La saison fut extrêmement difficile" estime également le président du SDIS Richard Mallié, qui s'est félicité aussi qu'il n'y ait eu "que huit blessés" parmi les pompiers, très mobilisés cet été.

"Dès avril-mai, nos experts avaient averti le préfet que nous allions voir arriver une saison estivale compliquée", en raison de la faiblesse des précipitations pendant l'hiver, le printemps et l'été, a-t-il expliqué.

Les responsables du service ont loué le travail des hommes sur le terrain : le feu de Rognac a concerné une surface où se trouvaient 5.000 maisons, dont seulement 25 ont été détruites. Les soldats du feu ont également défendu les 24 sites classés Seveso employant 43.500 personnes du pourtour de l'étang de Berre et le radar de Vitrolles, vital pour l'aéroport.

Les pompiers des Bouches-du-Rhône ont aussi pu compter sur leurs collègues des autres départements français. Des renforts sont venus de toute la France.

"Ce sont des pompiers de 27 départements différents qui ont été mobilisés. Il ne faut pas oublier les policiers, les gendarmes, les CRS qui étaient à pied d'oeuvre. Il y a eu des routes fermées, des autoroutes également. Donc c'est la mobilisation de tous ces acteurs qui peut venir également augmenter encore cette facture tout à fait exceptionnelle." Jean Rampon, directeur de cabinet du préfet du Var

Les pompiers ont pu compter sur les marins-pompiers

L'utilisation récente de drones, en particulier pour prévenir les "reprises de feu" en détectant les points chauds après les incendies, a été également saluée par les responsables du service.

Tout comme la coopération avec les marins-pompiers de Marseille sur le feu dans les Calanques. "Le même feu en 1990 avait parcouru 3.000 hectares", soit 10 fois plus que cette fois-ci, a souligné Richard Mallié. Un résultat selon lui de la bonne entente entre les deux corps.

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