Faits divers – Justice

Les incidents du match Bastia-Lyon devant la justice

Par Patrick Rossi et Maxime Becmeur, France Bleu RCFM et France Bleu mardi 16 mai 2017 à 7:08 Mis à jour le mardi 16 mai 2017 à 12:06

Le 16 avril, à Furiani, la rencontre SCB - OL avait été marquée par des incidents
Le 16 avril, à Furiani, la rencontre SCB - OL avait été marquée par des incidents © Maxppp -

Prison ferme ou avec sursis, amendes, interdictions de stade, c'est ce qu'a requis le procureur de la République de Bastia. Le tribunal correctionnel juge seize personnes accusées d'avoir pris part à l'envahissement du terrain lors de la rencontre SCB - OL, le 16 avril 2017.

Enième affaire impliquant des supporters devant la justice. Seize personnes sont jugées par le tribunal correctionnel de Bastia. Elles sont suspectées d’avoir pris part aux incidents qui ont émaillé la rencontre SCB–OL, le 16 avril à Furiani, incidents survenus lors de l’échauffement et à la mi-temps de ce match qui n’aura pas été au bout.

Seize personnes, âgées de 20 à 43 ans doivent répondre de leurs actes devant la justice. Le 16 avril, une trentaine de supporters de la tribune Est avait envahi le terrain. Si, pour certains, la justice ne retient « que » des faits d’envahissement, pour d’autres en revanche, les accusations sont plus sérieuses puisqu’elles sont suspectées d’avoir porté des coups à des joueurs lyonnais.

De la prison ferme à l'amende dans le réquisitoire du procureur de la République

Le procureur de la République de Bastia, Nicolas Bessone, a requis pour le seul envahissement du terrain des interdictions de stade, des travaux d'intérêt général pour certains, de la prison avec sursis pour d'autres et des amendes de 500 €.

Pour l'envahissement du terrain suivi de violences, le procureur de la République a requis de la prison ferme contre Ghjilormu Garelli et Rémi Di Caro, deux supporters placés en détention provisoire depuis leurs interpellations. Il a requis également des peines de prison avec sursis pour les autres protagonistes de cette affaire ainsi que des amendes de 500€ et des interdictions de stade.

Contre Anthony Agostini, le directeur de la sécurité du SCB, Nicolas Bessone a requis trois mois de prison avec sursis, 500€ d'amende, ainsi qu’une interdiction d'exercer toute activité professionnelle ou sociale au sein du SCB pendant cinq ans et une interdiction de stade de cinq ans également.

Enfin, contre l’agent de la SISIS, le procureur de la République a requis quatre mois de prison avec sursis, 500€ d'amende. Il a également requis une interdiction définitive d'exercer la profession d'agent de sécurité et une interdiction de stade 5 ans.

Auparavant, les parties civiles ont plaidé. L'avocat de la FFF et de la LFP a demandé 2.500 euros de dommages et intérêts à l'ensemble des 16 prévenus, pour le préjudice causé au football français. L'avocat du SCB, qui s'est lui aussi constitué partie civile, a demandé 1 euros symbolique.

Les images vidéo décortiquées

La première journée d'audience avait été très longue. Après l'examen des personnalités des seize prévenus, le tribunal était revenu, minutieusement, sur les faits, cherchant à clarifier les raisons de ces débordements et autres violences.

Les images vidéo de la rencontre ont été au cœur de l’audience. Le tribunal correctionnel a procédé à des heures et des heures de visionnage pour comprendre les raisons de ces dérapages. L'un des prévenus avouera avoir été le premier à franchir la barrière. « J'ai reçu un ballon sur la tête. C’était, pour moi, une provocation de la part des joueurs lyonnais lors de l’échauffement ». Cette réaction impulsive entraînera par la suite le mouvement de foule. « On a suivi, sans penser aux conséquences pour le club » confiera plus tard l'un des cadres du groupe de supporters « Bastia 1905 ».

Les versions différentes d’Anthony...

L'un des temps forts de cette journée de lundi aura été le témoignage du gardien de l'Olympique Lyonnais, Anthony Lopes, entendu à la demande d'Anthony Agostini, le directeur de la sécurité du Sporting Club de Bastia. Le joueur a évoqué des insultes et des attaques physiques à son encontre au moment de regagner les vestiaires à la fin de la première mi-temps. « Il m'a pris le bras, me l'a collé contre le ventre tout en essayant de me pincer. Je l’ai poussé pour l'éloigner de moi, il m’a giflé » a indiqué au tribunal le portier rhodanien. Des accusations contestées par Anthony Agostini qui a, par ailleurs, porté plainte pour dénonciation calomnieuse. « Ce témoignage est important puisqu’Anthony Lopes a reconnu avoir insulté Anthony Agostini. Les vidéos montrent qu’il l’a bousculé » indique Me Jean André Albertini, l’avocat du directeur de la sécurité du SCB.

Me Jean-André Albertini, l'avocat d'Anthony Agostini, le directeur de la sécurité du SCB

Les débats se poursuivent ce mardi devant le tribunal correctionnel de Bastia.