Faits divers – Justice

Les indépendants se mobilisent contre le RSI dans le Territoire de Belfort

Par Thierry Campredon et Roussel Marie, France Bleu Belfort-Montbéliard lundi 17 octobre 2016 à 7:00

Manifestation contre le RSI
Manifestation contre le RSI © Maxppp - maxppp

Ce lundi et mardi, les indépendants, artisans et commerçants de Franche-Comté se mobilisent contre le Régime Social des Indépendants (RSI). Selon eux, le poids des cotisations est trop lourd, pour des retraites bien minces. Sandrine Buvier, ancienne indépendante, sera présente à la manifestation.

"Avec les lettres recommandées, les mises en demeure, les demandes de saisie, je n'ose plus aller jusqu'à ma boîte aux lettres", déplore Sandrine Buvier d'une petite voix. Car des courriers du Régime Social des Indépendants, elle en reçoit encore aujourd'hui, alors qu'elle a liquidé sa boîte de recouvrement en 2014. "A cause du RSI", assure-t-elle.

A la tête de son entreprise depuis 1998, elle change de statut en 2010 et passe de salarié à indépendant. Le début de la fin pour cette quadragénaire. Elle reçoit des demandes de cotisations qui représentent la moitié de ses rémunérations. "Sur les 10 000 euros que je gagne en un an, le RSI me demande à peu près 5 000 euros." Plusieurs fois, Sandrine Buvier a voulu contester : pour exiger des justifications il lui arrivait d'aller quatre fois par an au tribunal des affaires sociales. Même son affiliation signée au RSI, elle ne l'a jamais reçu.

482 euros de retraite

"Aujourd'hui on vit au RSI quotidiennement, du matin au soir. On déjeune; RSI, on mange ; RSI, on dort; RSI. Moi je ne dors plus sans cachet parce que j'ai toujours le petit vélo dans la tête comme on dit". Sandrine Buvier est maintenant au chômage, depuis plus d'un an. Elle touche 800 euros d'allocations, et sera bientôt en formation pour devenir assistante. Elle pensait en avoir fini avec le RSI. Jusqu' au vendredi 14 octobre : nouvelle demande de saisie sur ses rémunérations. Alors qu'elle a arrêté son activité il y a plus de deux ans. Son mari, lui est à la retraite. Après avoir cotisé 37 ans il touche 482 euros par mois.

On se pose aujourd'hui la question : où va notre argent ?

Même après avoir liquidé son entreprise, Sandrine Buvier continue d'être sollicitée par le RSI.

On ne voit plus le bout... On voit tout noir

Des idées noires

Alors Sandrine Buvier va manifester cette semaine devant le siège du RSI de Besançon. Avec une corde. Un symbole car selon elle "avec toutes leur RSI, ils nous passent la corde au cou." Sandrine Buvier le confie, il lui est arrivé d'avoir des idées noires. Mais maintenant, elle compte bien se battre jusqu'au bout. Elle participera même à la mobilisation nationale le 28 novembre à Paris.

Une opération escargot de Lure à Besançon

A l'appel de l'association "les travailleurs indépendants et courageux", une opération escargot est organisée ce lundi au départ de Lure jusqu'au siège du RSI à Besançon. Florian Habuzaru est le président de cette association, il dénonce un racket organisé de la part du RSI

Florian Habuzaru, président de"l'association "les travailleurs indépendants et courageux"

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