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Faits divers – Justice

Les juges de Nancy démantèlent un réseau de proxénétisme international implanté à Strasbourg et Annecy

mercredi 11 juillet 2018 à 18:21 - Mis à jour le jeudi 12 juillet 2018 à 7:17 Par Nathalie Broutin et Thierry Colin, France Bleu Alsace, France Bleu Pays de Savoie, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

Dix proxénètes présumés ont été interpellés en Bulgarie, en Allemagne et en France, mis en examen par la JIRS de Nancy, la Juridiction inter-Régionale Spécialisée pour proxénétisme aggravé. Trente femmes identifiées devaient se prostituer à Strasbourg et à Annecy.

Trente prostituées bulgares ont déjà été identifiées par les enquêteurs (photo d'illustration)
Trente prostituées bulgares ont déjà été identifiées par les enquêteurs (photo d'illustration) © Maxppp - Remi Wafflart

Nancy, France

La JIRS à Nancy, Juridiction Inter-Régionale Spécialisée dans la lutte contre la criminalité organisée a mis en examen dix proxénètes présumés et les a placés sous mandat de dépôt. Ils sont soupçonnés d'appartenir à un réseau bulgare de proxénétisme aggravé et de traite des êtres humains. Depuis 2015, plusieurs dizaines de femmes originaires de Bulgarie, trente ont été identifiées. Elles devaient se prostituer à Strasbourg et à Annecy en Haute-Savoie.  

Des perquisitions et interpellations simultanément en France, Allemagne et Bulgarie 

"C'est une opération assez rare", reconnait Mathieu Fohlen le vice-procureur de la JIRS, à Nancy, parce qu'il a fallu procéder à des perquisitions et des interpellations simultanées dans trois pays, la France, l'Allemagne, la Bulgarie le 3 juillet dernier. 

140 enquêteurs, experts et forces de l'ordre ont été mobilisés pour cette opération de grande ampleur. Selon Thierry Fohlen de la JIRS , trente femmes ont été identifiées, et il y a les autres identifiées, elles, par des surnoms, plusieurs dizaines contraintes à se prostituer depuis trois ans à Strasbourg et près d'Annecy. Ces Bulgares à qui l'on promettait un emploi en France, logeaient en Allemagne, elles devaient reverser l'essentiel de leurs gains aux proxénètes restés en Bulgarie. 

Les prostituées, personnes vulnérables, étaient menacées par téléphone par les proxénètes

Le vice-procureur Mathieu Fohlen explique : "Il y avait des allées et venues des proxénètes jusqu’en Allemagne et plus rarement à Strasbourg sur les lieux même de prostitution pour accompagner les jeunes femmes, pour les surveiller. C’est surtout par téléphone, des consignes qui sont données et en retour des transferts financiers par mandats postaux à destination des proxénètes restés en Bulgarie. Pour les policiers, on a eu tout de suite l’obstacle des frontières qui va être surmonté dans ce dossier par l’entraide judiciaire".  Le magistrat ajoute que l'on est ici face à "une prostitution de personnes vulnérables qui n’osent pas déposer plainte, isolées dans un pays dont elles ne connaissent pas la langue et la possibilité de mettre fin à leur calvaire. "

Les crimes de proxénétisme aggravé et traite des blanches sont passibles de vingt ans de réclusion. Les délits de blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs sont passibles, eux, de dix ans de prison. Des investigations se poursuivent pour identifier et interpeller les complices, indique la JIRS. 

Des associations d'aide à la réinsertion des prostituées ont été contactées pour accompagner les jeunes femmes et leur éventuel retour en Bulgarie.