Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

L’affaire Grégory et la mort du juge Lambert au cœur de la rentrée du tribunal du Mans

lundi 4 septembre 2017 à 18:53 Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine

TEMOIGNAGE – A 34 ans, il prend son premier poste de juge d’instruction au Mans. Le jeune magistrat se confie après la mise en garde du procureur de la République disant craindre qu’une "catastrophe" telle que celle de l’affaire Grégory "se reproduise".

Les magistrats et le personnel de justice ont fait leur rentrée ce lundi au Mans
Les magistrats et le personnel de justice ont fait leur rentrée ce lundi au Mans © Radio France - France Bleu Maine

Le Mans, France

"Comme vous, Jean-Michel Lambert a prêté serment. Comme vous, il a pris son premier poste. Puis il a été happé par une affaire judiciaire infernale." Dans un grand silence, le procureur de la République du Mans s’adresse aux onze nouveaux magistrats qui prennent leurs fonctions ce lundi, en Sarthe, lors de la rentrée solennelle du tribunal.

Fabrice Belargent, qui rappelle avoir gardé le silence après le suicide, au Mans, en juillet dernier, de Jean-Michel Lambert, premier juge d’instruction de l’affaire Grégory les met en garde : "Je crains qu’une telle catastrophe puisse se renouveler." Le procureur rappelle que, depuis, des réformes sont intervenues mais, précise-t-il, "le dogme de l’infaillibilité n’existe pas plus aujourd’hui qu’en 1984 ". "On oublie que la justice est rendue par des hommes et des femmes." D’où ce conseil de Fabrice Belargent aux nouveaux magistrats : "toujours douter de ce que vous faites."

Au Mans, deux juges d’instruction pour 220 dossiers

Assis au premier rang avec ses collègues récemment arrivés au Mans, Silvère Zearo écoute cet appel à la prudence. A 34 ans, le magistrat, sorti major de l’Ecole nationale de la magistrature (ANM) est nommé juge d’instruction au Mans. C’est son premier poste. Il reconnaît être marqué par l’affaire Grégory. Et d’emblée évoque la question des moyens alloués à la justice : "malheureusement cette question centrale n’est pas traitée. Tant qu’elle ne le sera pas, il y aura cette difficulté. Le juge Lambert lui-même l’avait dit."

Le nouveau magistrat se souvient et se projette : "L’affaire Grégory était l’une des très nombreuses affaires qu’il devait gérer. Aujourd’hui encore, on se trouve au Mans à être deux juges d’instructions (pour quelques mois sans doute) avec 220 dossiers à traiter ! C’est sans doute beaucoup trop pour qu’on puisse consacrer un temps suffisant à l’ensemble des tâches, c’est à dire entendre l’ensemble des personnes pour que chacun puisse exprimer son point de vue et ne négliger aucune piste." Tout comme le procureur de la République, Silvère Zearo estime que la justice n’est pas parfaite. "Tant qu’elle sera humaine, elle sera faillible", reconnaît le jeune juge d’instruction. Mais, poursuit-il, "cela ne nous dégage pas de nos responsabilités".