Faits divers – Justice

Les meurtriers présumés de Jacques Blondel demandent pardon

Par Rosalie Lafarge, France Bleu Provence et France Bleu mercredi 13 janvier 2016 à 18:56

La cour d'assises des Bouches-du-Rhône
La cour d'assises des Bouches-du-Rhône © Radio France - Rosalie Lafarge

Le procès du meurtrier présumé de Jacques Blondel et de son complice s'est ouvert ce mercredi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Dès le début de l'audience, les deux accusés ont reconnu leur responsabilité et demandé pardon à la famille des victimes.

Deux jeunes hommes de 21 ans et 25 ans dans le box des accusés aux assises des Bouches-du-Rhône. Depuis ce mercredi matin, ils sont jugés pour "vol avec violence ayant entraîné la mort". Ils reconnaissent avoir tué Jacques Blondel le 22 août 2013 à Marignane, juste après le braquage d'un bureau de tabac. 

Cet homme avait tenté de les stopper dans leur fuite : au volant de sa voiture, il avait volontairement percuté le scooter des braqueurs pour les arrêter. Jacques Blondel, 61 ans, avait réussi à s'emparer du fusil avant qu'un des deux malfaiteurs ne le récupère et lui tire dessus à deux reprises. 

La famille de Jacques Blondel en pleurs

La femme de Jacques Blondel, qui était présente aux côtés de son mari le jour du drame, ainsi que ses deux fils, ont tenu à être présents. Ils n'ont pu retenir leurs larmes au moment où le président de la cour d'assises s'est mis à lire le déroulé des faits du 22 août 2013.

L'un des enjeux de ce procès, c'est de déterminer s'il y a eu intention de tuer. Les avocats parlent d'un geste dramatique "dans un moment de panique". Les deux accusés assurent qu'ils n'ont "jamais voulu cela". Et tous les deux présentent leurs excuses à la famille de la victime.

"Je ne vous demande pas de me pardonner, je n'y arrive pas moi-même." (L'un des accusés)

"Je reconnais les faits qui me sont reprochés" a déclaré dès l'ouverture de l'audience Marouen Rezgui, accusé d'avoir tiré les coups de feu mortels. "J'étais un petit con" a-t-il admis quand le président de la cour d'assises a détaillé le casier judiciaire de ce jeune homme à l'enfance jugée "compliquée" : un père alcoolique et violent, une mère "dépassée" par ses cinq enfants. 

Son complice présumé, Bouabdellah Ouadah, reconnaît lui aussi son implication dans ce braquage qui a tourné au drame. Et de présenter, entre deux sanglots, ses excuses à la famille de Jacques Blondel : "Madame, je ne vous demande pas de me pardonner, je n'y arrive pas moi-même, mais je vous demande de me croire (...) je suis vraiment désolé, on a fait n'importe quoi, je n'aurais cru en arriver là". 

L'experte psychologue fait faux bon

Pour ce premier jour d'audience, les assises se sont penchées sur la personnalité des deux accusés. Deux jeunes hommes connus de la justice des mineurs, aux "parcours chaotique".* L'un, le tireur présumé, qui a souffert de l'absence de son père. L'autre, le complice présumé, qui a souffert de celle de sa mère

Difficile d'en savoir beaucoup plus : l'experte psychologue qui a établi le profil des deux accusés refuse de témoigner à la barre. Dans une lettre à la cour, elle explique que la justice lui doit plus de 30.000 euros d'impayés, ce qui l'a forcée à contracter des crédits. Une lettre "révélatrice de l'état de la justice", regrette le président de la cour d'assises, Jean-Luc Tournier. 

Partager sur :