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Faits divers – Justice

Les migrants de la Bourse du travail de Saint-Etienne évacués par les forces de l'ordre

vendredi 12 avril 2019 à 7:50 Par Jeanne-Marie Marco et Octavie Couchard, France Bleu Saint-Étienne Loire

Les migrants, installés depuis le 2 avril dernier à la Bourse du travail de Saint-Etienne (Loire), ont été évacués par les forces de l'ordre ce vendredi 12 avril. Une évacuation ordonnée par le Préfet de la Loire pour occupation illégale d'un bâtiment.

Les migrants et militants évacués de la Bourse du travail de Saint-Etienne
Les migrants et militants évacués de la Bourse du travail de Saint-Etienne © Radio France - Octavie Couchard

Saint-Étienne, France

Les forces de l'ordre sont arrivées au petit matin à la Bourse du travail, aux alentours de 6h. L'évacuation des locaux était en effet prévue pour ce vendredi 12 avril, mais les militants avaient convenus avec la préfecture d'un départ à 9h, dans le calme selon eux. Ils ont été contraints de quitter la Bourse du travail, tandis que les forces de l'ordre ont procédés à des contrôles pour les familles occupant les lieux. 

Ce que l'on sait à 18h

Selon la préfecture, une quarantaine de personnes a été prise en charge à la sortie de la Bourse du travail, selon la liste communiquée par la Cimade au cours de la semaine. Ces personnes sont des demandeurs d'asile, et ont droit à un logement pendant que leur demande est à l'étude. 

Les militants se sont rassemblées à 15h30 devant l'Hôtel de Ville pour dénoncer l'expulsion de la matinée. Pour le représentant du collectif d'occupant de la Bourse du travail, Yves Scanu, cette situation n'est pas tenable : les logements mis à disposition par les services de l'Etat sont dispersés dans tout le département de la Loire et ne sont pas forcément accessible facilement par toutes les personnes. "Il y a encore pas mal de personnes qui vont se retrouver dehors et pour lesquelles il va falloir trouver des solutions. De toute façon, il faut tout le temps rechercher des hébergements, mais il n'y a pas de solution miracle. On va de nouveau interpeller les autorités pour qu'elles assument leurs responsabilités et que ces personnes soient logés. Ce n'est pas le titre administratif qui fait que l'on peut vivre dehors. Le rue est dangereuse pour tout le monde."

Les syndicats ont également demandé aux pouvoirs publics "qu’un logement pérenne et digne de ce nom soit attribué à l’ensemble des personnes mises à la rue dans le respect du droit au logement". 

La matinée

Pendant un peu plus de deux heures, un groupe de citoyens est resté devant les locaux de la Bourse du travail. Vers 8h30, les premières familles sont sorties. Selon les militants, la centaine de personnes qui occupait les lieux a été dirigées vers l'association de jour Renaître à Saint-Étienne en milieu de matinée. "Ce sont des gens qui auraient dû être relogés avant que le foyer d'hiver ne ferme. En temps que citoyens on ne peut pas laisser les gens dehors. Certaines familles nous disent merci, mais on ne peut pas remercier quelqu'un d'être juste citoyen et de ne pas laisser une autre personne dormir dehors", témoigne un militante.

Des militants qui dénoncent une nouvelle fois la gestion de cette situation par la préfecture et la mairie : "Les personnes sont sur le trottoir dans le froid "en mode débrouillez-vous ce n'est pas notre problème, appelez le 115"... Sachant que le 115 n'a pas de solution depuis une semaine...", dénonce un autre militant. 

Le relogement de ces personnes, c'est une question qui est posée depuis plusieurs semaines par les portes-parole du collectif ligérien "Pour que personne ne dorme à la rue", comme Jean-François Peyrard : "Depuis 10 jours, notre collectif, avec la Ligue des Droits de l'Homme et la Cimade demandent à être reçus par le préfet et par le maire de Saint-Étienne pour mesurer ce qui est en train de se jouer aujourd'hui. Et cette fin de non-recevoir interroge fortement. On laisse pourrir des situations comme ça, qui sont des questions humaines et qui ne trouvent aucun écho auprès des pouvoirs publics". 

En milieu de matinée, les forces de l'ordre ont rassemblées les affaires laissés pas les migrants. Les services techniques de la ville ont procédés aux constats matériels à l'intérieur de la Bourse du travail. Les syndicats devraient pouvoir regagner leurs bureaux d'ici la fin de matinée.

Depuis le 2 avril dernier, des dizaines de migrants logeaient dans des salles de réunion de cette Bourse du travail, propriété de la ville. Ces familles se sont retrouvées à la rue lors de la fin de la trêve hivernale, le 31 mars dernier. 

Une solution trouvée "pour chacune des personnes recensées à la date du 9 avril"

Par voie de communiqué ce vendredi matin, la Préfecture de la Loire confirme en effet avoir ordonné l'évacuation du site. Elle recense"une cinquantaine de personnes qui, dans leur quasi totalité, sont des demandeurs d'asile qui, soit ont très récemment déposé leur demande en France, soit ont déposé leur dossier dans un autre pays de l'Union Européenne et relèvent de ce fait du règlement de Dublin III".

La Préfecture de la Loire assure qu'une solution a été trouvée "pour chacune des personnes recensées à la date du 9 avril 2019". Elle précise "qu'un certain nombre de familles sont d'ores et déjà prises en charge et se trouvent actuellement dans des hébergements adaptés à la fois à leur situation juridique et aux situations d'urgence. Les autres personnes étrangères, dont la situation a fait l'objet d'un examen individuel, sont réparties sur l'ensemble des capacités d'accueil du département".

Une manifestation est prévue vendredi dans le centre-ville de Saint-Étienne à 15h30.