Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Les migrants du squat de la rue des Ateliers à Dijon resteront au chaud l’hiver prochain

vendredi 29 septembre 2017 à 16:11 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

La société immobilière propriétaire de l’ancien hôtel XXL demandait en référé l’expulsion des demandeurs d’asile qui occupent les lieux depuis plus d’un an à Dijon. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 27 novembre. La trêve hivernale sera entre-temps entrée en vigueur.

Près de 80 personnes s'entassent dans le petit hôtel au sud de Dijon
Près de 80 personnes s'entassent dans le petit hôtel au sud de Dijon © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

Devant la cité judiciaire de Dijon, les demandeurs d’asile et les associations qui les soutiennent ont déployé une banderole sur laquelle ils ont écrit en grandes lettres noires « que serais-je sans toit ? ». C’est aussi l’argumentaire développé par leur avocate, Maître Dominique Clemang. Devant le juge, elle explique que la mauvaise saison arrive, et qu’on imagine mal jeter à la rue tous ces migrants. Où iraient-ils, puisque le 115 est saturé, que ces hommes seuls ne trouvent aucune place dans les CADA, centres d’accueil des demandeurs d’asile, qui affichent complet ?

115 saturé et CADA complets

L’avocate rappelle que la cour européenne de justice a plus d’une fois condamné la France pour ses carences vis-à-vis de l’obligation de loger les demandeurs d’asile. Et puis ajoute-t-elle, la SCI propriétaire de l’immeuble peut bien attendre. Financièrement, elle n’a pas de problème et n’a pas un besoin urgent de récupérer l’hôtel, qui était désaffecté depuis plusieurs années quand il a été investi par les migrants, « sans effraction, par une porte non verrouillée à l’arrière du bâtiment ».

Le propriétaire réclame l'expulsion des squatters

Ce n’est pas l’avis du défenseur de la SCI Primabis. Maître Arnaud Jeaugey, qui estime que depuis août 2016, cette occupation a assez duré. Il demande au juge de tirer les conclusions d’une occupation illicite sans droits ni titres, et d’ordonner l’expulsion en autorisant le recours à la force publique. L’avocat reconnaît toutefois que « les demandeurs d’asile plaident légitimement un droit au logement. Mais la SCI Primabis ne s’estime pas débitrice de ce droit au logement. » Autrement dit, ce n’est pas à une société privée d’assumer à ses frais les manquements de l’Etat.

Le tribunal rendra sa décision le 27 novembre. Après, donc, l’entrée en vigueur de la trêve hivernale qui empêche toute expulsion. Les quelque 80 personnes qui occupent l’hôtel XXL rue des Ateliers, vont donc pouvoir passer l’hiver presque au chaud, puisque le lieu est dépourvu de chauffage. Il y a quand même l’électricité et l’eau froide, des couvertures et un toit, l’essentiel en attendant mieux.