Faits divers – Justice

Bastien, mort dans un lave-linge : l'audition de sa sœur bouleverse la cour d'assises

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 8 septembre 2015 à 8:53 Mis à jour le mercredi 9 septembre 2015 à 11:19

© Max PPP

Accusé d'avoir tué son fils en l'enfermant dans un lave-linge qu'il avait fait tourner, le père du petit Bastien est jugé depuis mardi devant les assises de Seine-et-Marne. Au second jour du procès, les propos de la sœur de la victime ont bouleversé le tribunal.

Le 28 novembre 2011, le père de Bastien, alors âgé de 33 ans, était mis en examen et écroué. Depuis ce mardi, lui et son ancienne femme comparaissent aux assises de Seine-et-Marne. Le père, qui encourt la prison à vie, a affirmé ne se souvenir de rien. L'ex-femme récuse toute complicité. Mercredi, l'audition filmée de la grande sœur de Bastien a été diffusée.  

"Peut-être il s'est endormi"

Les propos de la petite blonde ont bouleversé la cour. Elle explique que Bastien était dans la machine à laver. "Il a parlé, il a pleuré, après j'ai plus rien entendu. Peut-être il s'est endormi" dit-elle. À la question "qui a mis Bastien dans le lave-linge ?", elle répond : "Papa." "Maman, elle faisait quoi ?" demande encore l'enquêtrice. "Elle était en train de faire un puzzle." 

"Amnésie" du père

Christophe Champenois aurait enfermé son fils de 3 ans dans le tambour de la machine à laver pour le punir d'un "prétendu mauvais comportement à l'école". Alertée par la mère, la voisine qui habitait l'appartement en dessous, à Germiny-l'Evêque, avait trouvé l'enfant "gelé, tout nu, tout blanc, désarticulé, pratiquement comme un jouet". 

Au procès mardi, le père a affirmé ne se souvenir de rien. Poursuivie pour complicité de meurtre, Charlène Cotte son ex-compagne a simplement affirmé que pour elle, il n'y avait "pas de complicité". 

Plusieurs signalements

Cette femme battue, qui était terrorisée par son compagnon, "n'a jamais participé à la maltraitance" dont son fils a été victime selon sa défense. En grande difficulté sociale et psychologique, *la famille était suivie __*depuis 2006 par les services sociaux, dont la responsabilité est aussi interrogée lors du procès. "Malgré plusieurs signalements" émanant de travailleurs sociaux comme d'enseignants, "la situation de danger n'a pas été identifiée", accuse Yves Crespin, avocat de l'Enfant bleu, partie civile aux côtés du conseil départemental et d'Enfance et Partage, une autre association qui défend les droits de l'enfant.

L'enfant était régulièrement puni par son père qui l'enfermait dans un placard. Le verdict est attendu vendredi soir. Suivez en live Corinne Audouin, journaliste pour France Inter.