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Faits divers – Justice

Les parents du petit Fañch devant la cour d’appel de Rennes

lundi 8 octobre 2018 à 19:03 Par Maxime Bossonney, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

La cour d’appel de Rennes a examiné en deuxième instance ce lundi 08 octobre le recours déposé par les parents du petit Fañch. La justice refuse que l’enfant porte le tilde sur son prénom. L’arrêt sera rendu le 19 novembre.

Le petit Fañch est devenu un symbole
Le petit Fañch est devenu un symbole © Radio France - Maxime Bossonney

Rennes, France

Drapeau breton à la main, et béret sur la tête, le petit Fañch semble faire fi de toutes ces caméras et ces micros qui l’entourent. Il comprendra sûrement dans quelques années que son prénom est devenu célèbre, et que ses parents se sont battus pour qu’il le garde tel quel.

C’est bien ce qui amenait de nouveau la famille de Fañch devant la justice. Ils ont déposé un recours examiné ce lundi 08 octobre par la cour d’appel de Rennes. L’état refuse que Fañch porte un tilde sur son prénom, une décision approuvée en première instance par le tribunal de Quimper le 13 septembre 2017.

Depuis, la polémique a enflé, les régionalistes Bretons ont pris le parti de la famille, faisant de cette affaire une lutte entre la culture française et la langue bretonne. Ils étaient d’ailleurs une cinquantaine en soutien devant le Parlement de Bretagne.

Les parents de Fañch eux veulent seulement que leur choix soit respecté : "Cela n’a pas de sens d’enlever le tilde, c’est son identité !" explique Jean-Christophe Bernard, le père de l’enfant. "Ce n'est pas du tout la même prononciation si on le retire de son prénom" plaide-t-il.

Les parents de Fañch revendique le choix du tilde dans le prénom de leur enfant - Radio France
Les parents de Fañch revendique le choix du tilde dans le prénom de leur enfant © Radio France - Maxime Bossonney

Mais pour l’avocat général, "il y a d’autres de petits Fanch sans tilde et ils se portent très bien". Pour lui, il faut respecter la loi, il brandit d’ailleurs une ordonnance de 2014 qui fait état que, certains signes diacritiques, dont le tilde, ne sont pas admis dans la langue française.

Faux pour l’avocat de la famille Maître Jean-René Kerloc’h : "Il y a des mots avec le tilde dans le dictionnaire de l'Académie française", comme señorita par exemple. Il a également rappelé que les noms propres ne sont soumis à aucune orthographe et que celui-ci ne porte "en aucun cas atteinte à l’enfant".
L’avocat estime qu’il y a une forme de discrimination dans la décision de la justice. Il cite plusieurs noms de hauts fonctionnaires de l’état dont le nom porte un tilde, comme Sonia Doña Perez, consule générale de France à Johannesburg (Afrique du Sud). "Faire une telle distinction peut engendrer des troubles entre la culture française et la langue bretonne" souligne-t-il.  Avant de s’amuser d’un petit cours d’histoire, en expliquant que le prénom Fañch est lui-même issu du prénom Francès, lui-même issu du prénom François, qui signifiait "Français" dans des temps plus anciens.

L'arrêt de la cour d'appel de Rennes sera rendu le 19 novembre - Radio France
L'arrêt de la cour d'appel de Rennes sera rendu le 19 novembre © Radio France - Maxime Bossonney

L’affaire a été mise en délibéré, et la cour d’appel de Rennes rendra son arrêt le 19 novembre prochain.