Faits divers – Justice

Les pesticides ont-ils tué un ouvrier viticole de Listrac-Médoc ? La justice se prononcera le 16 avril à Bordeaux

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde jeudi 5 mars 2015 à 15:50

L'association Phyto victimes est venue apporter son soutien à Marie-Lys Bibeyran
L'association Phyto victimes est venue apporter son soutien à Marie-Lys Bibeyran © Radio France

C'est le combat de Marie-Lys Bibeyran. Elle réclame la reconnaissance du cancer de son frère Denis, salarié viticole durant 30 ans décédé en 2009, en maladie professionnelle. La Cour d'Appel de Bordeaux a mis jeudi sa décision en délibéré au 16 avril.

Ce serait la première fois qu'une maladie professionnelle serait reconnaît post-mortem . Et c'est le combat depuis cinq ans, de Marie-Lys Bibeyran, la soeur de Denis Bibeyran mort en 2009 d'un cancer à l'âge de 47 ans , après avoir travaillé plus de 30 ans dans les vignes de Listrac-Médoc en tant qu'ouvrier agricole.

Elle en est persuadée. Ce sont les pesticides pulvérisés dans les vignes qui l'ont tué . En première instance, elle a été déboutée. La chambre sociale de la Cour d'Appel de Bordeaux qui a examiné l'affaire ce mercredi, rendra son arrêt, le 16 avril .

"il y a une omerta sur le sujet" selon Marie-Lys Bibeyran

Denis Bibeyran avait 14 ans quand il a commencé à travailler dans les vignes dans le Médoc, et à répandre, au volant de son tracteur, sans combinaison de protection, les traitements chimiques demandés, pour protéger les raisins des attaques de parasite. En 2008, son médecin a diagnostiqué un cancer. Une surprise, pour cet homme qui ne fumait pas et ne buvait pas , selon sa soeur. Il souffrait de saignements du nez au moment des pulvérisations de mai à septembre, mais jamais il n'avait imaginé pouvoir être en danger dans le cadre de son métier.

Devenue militante dans l'association Phyto Victimes, Marie-Lys bibeyran, elle même salariée viticole, veut obtenir une victoire devant la justice, pour les autres familles d'agriculteurs, pas seulement en mémoire de son frère . Plusieurs agriculteurs ont déjà fait bouger les lignes en faisant reconnaître leur maladie comme liée à l'usage des pesticides. C'est le cas de Paul François, venu soutenir ce mercredi, Marie-Lys Bibeyran. Il est agriculteur en Charente et président de l'association, lui-mmême a pratiqué l'agriculteur intensive mais il en est revenu.

"Difficile de croire que ce système auquel vous avez cru, peut vous empoisonner" selon Paul François

La chambre sociale de la Cour d'Appel de Bordeaux se prononcera donc le 16 avril.

Marie-Lys Bibeyran se veut optimiste en appel