Faits divers – Justice

Les Poitevins de Bruxelles bouleversés par les attentats

Par Charlotte Coutard et Thomas Benech, France Bleu Poitou mardi 22 mars 2016 à 16:49

Les gens quittant l'aéroport de Bruxelles le 22 mars.
Les gens quittant l'aéroport de Bruxelles le 22 mars. © Reuters - Reuters

La capitale Belge, Bruxelles, a été à son tour frappée par de terribles attentats. On parle d'au moins 34 morts. Des Poitevins vivent sur place, ils sont sous le choc. Témoignages.

Le gouvernement Belge a décrété un deuil national de trois jours, après les attentats de ce mardi matin à Bruxelles. Trois explosions ont retenti dans la capitale, une dans une station de métro et deux à l'aéroport international, dans le hall des départs. Le dernier bilan fait état d'au moins 34 morts et 200 blessés. Des attaques revendiquées par l'Etat Islamique.

"J'en ai vraiment marre, ça devient de la folie totale", (Clara Farhat).

La capitale européenne est en état de siège, les transports sont à l'arrêt, et les habitants sont appelés à éviter tout déplacement. Parmi ces habitants, des Poitevins comme Clara Farhat, 22 ans, une jeune franco libanaise originaire de Châtellerault. Elle vit et travaille à Bruxelles, mais en novembre dernier, Clara était à Paris au moment des attentats. Peu de temps avant, une attaque frappait Beyrouth où elle a de la famille.

Clara Farhat.

"Les larmes étaient de mise, parce que j'en ai marre en fait. J'en ai vraiment marre. Les mois derniers avaient déjà été assez douloureux entre Beyrouth, Paris, maintenant Bruxelles. Ça devient de la folie, de la folie totale. Je ne sais pas quelle est la réaction adéquate, je continue d'essayer de propager l'amour, mais au bout d'un moment je peux comprendre aussi que les gens craquent. C'est hyper usant en fait. Ça déclenche des appréhensions, des à priori, des questionnements quand on croise des gens dans la rue, c'est horrible. Et avec la double nationalité c'est encore pire. Moi j'ai mon côté paternel qui est musulman, mon côté maternel qui est chrétien. J'ai la double confession, et ce n'est pas toujours facile à vivre aussi quand on entend certains discours".

"Le terrorisme dépasse l'entendement", (Elisabeth Morin-Chartier).

La députée européenne Poitevine Elisabeth Morin-Chartier est en ce moment au parlement à Bruxelles. Elle est affectée par ce qui se passe en ce moment en Belgique, tout comme ses collègues.

Elisabeth Morin-Chartier.

"Je trouve mes collègues atterrés, et certains affolés, parce qu'on voit bien que le terrorisme dépasse l'entendement, que la vie et la mort n'ont pas la même valeur pour tout le monde, et qu'il frappe de façon extrêmement aveugle. J'ai d'abord rassuré ma famille et les enfants, puis très vite je me suis occupée de rapatrier mes collègues. La sécurité des autres, c'est ma responsabilité. Nous n'avons pas le temps d'avoir peur. Nous devons nous occuper de faire en sorte que les personnels et nos collègues députés soient en sécurité ici".

Renforcement des mesures de sécurité en France

Suite aux attentats de ce mardi matin à Bruxelles, le premier ministre Manuel Valls a annoncé un renforcement des mesures de sécurité dans les aéroports et les gares, avec 1600 gendarmes et policiers supplémentaires, dans les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et d'Orly notamment.

"On ne peut pas rajouter ce que nous n'avons pas en effectif", (Gérard Chamalbide).

Mais ce n'est pas un renforcement, c'est un redéploiement précise Gérard Chamalbide, délégué régional des CRS pour la zone sud ouest, représentant du syndicat Alliance Police Nationale. "On ne peut pas faire plus, on ne peut pas rajouter ce que nous n'avons pas en effectif. Il faut faire un choix, définir les priorités à l'instant T. Actuellement, il y a une vigilance à apporter dans les plus grands aéroports de France. Les effectifs qui étaient sur des missions de sécurisation renforcée dans telle ville vont se concentrer plus principalement sur les aéroports. Mais par rapports aux effectifs que nous avons, nous ne pouvons pas plus renforcer".

Gérard Chamalbide.

Des messages de prévention sont diffusés dans les transports en commun, il y a des patrouilles de militaires sur les sites de transport, avec des mesures de contrôles et des palpations. Les contrôles à la frontière ont été renforcés. Une cellule de crise a été ouverte au ministère des Affaires étrangères, qui conseille à ses ressortissants de limiter les déplacements dans la capitale belge.

Depuis les attentats de janvier 2015, l'opération Sentinelle mobilise 10.000 militaires en permanence sur les sites sensibles comme les gares et les aéroports.

Hommage aux victimes dans le Poitou

Ces attentats de Bruxelles ont un retentissement particulier à Melle dans les Deux-Sèvres. Une quinzaine de lycéens belges sont accueillis en ce moment dans cette commune, dans le cadre du jumelage avec une ville belge du même nom : Melle, près de Gand. Un hommage est organisé ce mercredi midi, à la mairie, et la population est invitée à se joindre à ce rassemblement.

Par ailleurs, à Poitiers, des registres sont mis en place dans le hall de la mairie. Ils seront à votre disposition ce mercredi à partir de 8h30.

A LIRE AUSSI :
Les attentats de Bruxelles : le point sur la situation.
NOTRE DOSSIER COMPLET SUR LES ATTENTATS DE BRUXELLES.