Faits divers – Justice

Les policiers du Loiret n'ont plus de stand de tir

Par Stéphane Barbereau, France Bleu Orléans jeudi 14 janvier 2016 à 10:27

Des policiers dans un stand de tirs, à Avignon, en 2007
Des policiers dans un stand de tirs, à Avignon, en 2007 © Maxppp - Manuel Pascual

Invité ce jeudi matin, le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police FO, Stéphane Liévin, dénonce le manque de moyens et d'effectifs dans la police nationale. Conséquence, les stands de tir d'Orléans et Montargis ont dû fermer.

C'était un aveu du directeur de cabinet du préfet selon les syndicats de policiers qui rapportent ses propos. Il date de quelques mois en arrière : il manque 25 policiers dans le Loiret. Pour le syndicat Unité SGP Police FO, ce chiffre est même plus important. Stéphane Liévin est le secrétaire départemental du syndicat :

Entre 2010 et 2016, on a perdu 25 policiers sur Orléans et 3 sur Montargis

28 policiers en moins pour ce syndicaliste, ça représente deux patrouilles en moins 24/24h. Un sous-effectif renforcé par de nouvelles missions : la création d'une zone de sécurité prioritaire sur Orléans, dans les quartiers Gare, Argonne et La Source (qui s'est faite à effectif constant) et l'ouverture de la nouvelle prison de Saran qui a quadruplé le nombre de détenus par rapport à l'ancienne maison d'arrêt d'Orléans. Autant de missions confiées aux policiers orléanais.

Cette situation tendue étonne en cette période d'état d'urgence. Les 5 000 embauches promises par François Hollande dans la police et la gendarmerie, après les attentats du 13 novembre, vont mettre du temps à se voir sur le terrain. Il faut d'abord fermer ces nouveaux personnels recrutés et puis ces effectifs supplémentaires ne viendront que compenser les 10 000 postes supprimés dans la Police Nationale sous Nicolas Sarkozy.

Des stands de tir fermés faute de moyens

Pour les syndicats de policiers, on manque de personnel dans le Loiret mais aussi de moyens. Illustration avec les stands de tir des commissariats de Montargis et Orléans. Tous les deux sont fermés (Orléans depuis plusieurs mois, Montargis depuis quelques jours) pour raison de sécurité, les travaux de remise aux normes coûteraient trop cher selon Stéphane Liévin :

Cela oblige les policiers à aller tirer dans des stands civil ou militaire, avec un coût supplémentaire pour les services. Du coup, des policiers travaillant de nuit sont aussi obligés d'aller tirer le jour

Stéphane Liévin, secrétaire départemental Unité SGP Police FO - Radio France
Stéphane Liévin, secrétaire départemental Unité SGP Police FO © Radio France - Stéphane Barbereau

Ces stands de tir fermés posent donc problème. Un gardien de la paix doit pouvoir s'exercer au moins trois fois par an. Jusque-là, 90% des policiers pouvaient remplir cette obligation, un chiffre qui serait tombé à 70% avec la fermeture du stand de tirs d'Orléans selon Unité SGP Police FO.

Selon le syndicat Alliance, un récent CHSCT, comité hygiène sécurité et conditions de travail, a acté un projet de rénovation du stand de tir du commissariat d'Orléans, pour un montant de 150 000€. Autre signe du manque de moyens de la police pour Stéphane Liévin, le manque d'entretien des locaux et des voitures :

Les locaux, utilisés 24/24h, 365 jours par an, ne sont nettoyés qu'une fois par semaine. On a aussi des véhicules hors d'âge, avec 200 à 220 000 kilomètres au compteur

Réécoutez Stéphane Liévin, invité de France Bleu Orléans ce jeudi matin

Le syndicat Unité SGP Police FO demande donc à être reçu par le nouveau préfet de la région pour évoquer ces différents dossiers.