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Les policiers grenoblois solidaires de leurs collègues de l'Essonne

Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère mardi 11 octobre 2016 à 17:18

Les syndicats avaient appelé les policiers à manifester ce midi
Les syndicats avaient appelé les policiers à manifester ce midi © Radio France - Véronique Pueyo

Après l'agression, samedi, dans l'Essonne, de plusieurs policiers par une bande d'individus cagoulés, les syndicats avaient appelé mardi les policiers à manifester devant les commissariats de France. L'appel a été suivi à Grenoble.

Une centaine de fonctionnaires de police, certains en tenue, d'autres en civil, se sont rassemblés mardi dès 12h30 devant l’hôtel de police de Grenoble à l'appel des syndicats Alliance et unité SGP Police-Force ouvrière.

"Il faut que la peur change de camp"

Ces hommes et ces femmes sont soumis au droit de réserve et n'ont pas voulu s'exprimer publiquement, mais hors micro, ils racontent un quotidien difficile lors de patrouilles dans les quartiers dits sensibles. Ils expliquent manquer de moyens, dénoncent l'inadéquation de la réponse judiciaire. Ils voudraient que soit mise en place la présomption de légitime défense. "Il faut que la peur change de camp" lâche l'un d'entre eux qui dit toujours aimer son métier mais ne plus pouvoir l'exercer correctement.

Pour Yannick Biancheri, responsable en Isère du syndicat Unité SGP Police FO, les policiers sont écœurés et démotivés. "C'est l'escalade de la violence. Il y a quelques mois, on tuait des policiers jusque chez eux, à Magnanville (Yvelines), cette fois, on les brûle dans les véhicules. Ça s'arrêtera où ?" interroge le syndicaliste, très remonté.

Un peu à l'écart, sur le trottoir, Patrick Mairesse, le patron de la Sécurité publique en Isère tenait à être présent : "Quand un policier est agressé avec cette violence, il n'y a plus de grade ou de corps, mais juste des policiers solidaires, car on s'identifie !"

"lI faut stopper la violence anti-flic !"
— Yannick Biancheri, Unité SGP Police

Des policiers en colère, mais qui ne peuvent que manifester en silence, car tenus au droit de réserve - Radio France
Des policiers en colère, mais qui ne peuvent que manifester en silence, car tenus au droit de réserve © Radio France - Véronique Pueyo

Le patron de la police en Isère en profite pour mettre les points sur les"i" :"Quarante policiers sont arrivés en renfort à Grenoble voici un an. On a eu de nouveaux véhicules. Quant à la réponse judiciaire, si on ne comprend pas toujours les peines infligés aux délinquants qu'on arrête, on peut toujours s'en expliquer avec les procureurs. Et non, en Isère, il n'y a pas de zones de non-droit !"

Puis la manifestation s'est dispersée dans le calme, il n'y a pas eu de prise de parole. "On espère avoir été entendu" lance, sans conviction, un policier,,avant de retourner au travail.

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