Faits divers – Justice

Les policiers nancéiens solidaires de leurs collègues de l'Essonne

Par Angeline Demuynck et Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine mardi 11 octobre 2016 à 16:01

Les policiers nancéiens réclament davantage de moyens
Les policiers nancéiens réclament davantage de moyens © Radio France - Mohand Chibani

Une centaine de policiers se sont réunis ce mardi midi devant l'hôtel de police du boulevard Lobau à Nancy. Un rassemblement silencieux pour exprimer leur soutien aux quatre agents agressés à Viry-Châtillon, mais aussi leur colère.

Ils sont plusieurs dizaines rassemblés en silence sur le parvis du commissariat de Nancy. Des policiers désabusés et inquiets après l'attaque qui a fait 4 blessés parmi leurs confrères près de la cité de la Grande borne à Viry-Châtillon dans l'Essonne. "Il y a un ras le bol généralisé, constate Abdel Nahass, le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP-Police FO en Meurthe-et-Moselle, les policiers ne se sentent protégés ni par la justice ni par leurs responsables."

Une justice plus ferme

Les agents rassemblés à Nancy ont répondu à l'appel d'une intersyndicale SCSI, Alternative-Police, Unsa-Police, Unité SGP-Police FO. Ils réclament davantage de moyens pour pouvoir intervenir dans certains quartiers, ainsi qu'une justice plus ferme. "Nous demandons un plan Marshall pour la police nationale, répète Abdel Nahass. Quand un policier est attaqué, il faut qu'il y ait une véritable réponse de la part de la justice. "

On en rigole avec certains car on sait qu'on n'aura même pas fini la procédure qu'il sera déjà dehors"

"Sauvageons", le terme qui ne passe pas

Lundi, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a qualifié les agresseurs de "sauvageons qui ont agi avec lâcheté". Un terme inapproprié pour les policiers rassemblés à Nancy. " Ce sont des criminels, martèle Abdel Nahass, nous avons affaire à des techniques de guerilla urbaine, [ils sont là] là pour tuer du flic et il ose utiliser ce terme de "sauvageons". "

Des zones de non-droit?

Malgré tout, pour le secrétaire départemental du syndicat de gardiens de la paix, "il n'y a pas de zones de non-droit" dans les quartiers. Il reconnait malgré tout une différence de traitement : "On n'intervient pas de la même manière partout car on sait que la réponse pénale ne sera pas à la hauteur. Par exemple, un jeune qui circule sans casque dans un quartier, on n'ira pas le contrôler parce qu'on met en danger la patrouille au risque d'être blessé grièvement et sans aucune réponse judiciaire derrière".

Le syndicat Unité SGP-Police FO n'appelle pas à la grève du zèle contrairement à ses confrères d'Alliance police nationale.

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