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Faits divers – Justice

Les pompiers victimes de trois agressions physiques en seulement deux jours à Nantes

mardi 8 janvier 2019 à 20:24 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

En fin de semaine dernière, des pompiers ont été agressés physiquement lors de trois interventions dans le centre-ville de Nantes. Ils ne se passe désormais plus une semaine sans qu'ils soient frappés, insultés ou menacés.

Les pompiers agressés physiquement lors de trois interventions en deux jours en fin de semaine dernière (photo d'illustration)
Les pompiers agressés physiquement lors de trois interventions en deux jours en fin de semaine dernière (photo d'illustration) © Maxppp -

Nantes, France

En à peine deux jours, en fin de semaine dernière, des pompiers ont été agressés physiquement lors de trois interventions dans le centre-ville de Nantes. Une pendant la manifestation des gilets jaunes : un pompier a été frappé, violemment, sur le casque avant d'être ceinturé et projeté au sol. Les deux autres agressions ont eu lieu lors d'interventions avec des hommes qui avaient trop bu. Un des pompiers a été suffisamment gravement blessé au visage pour que les médecins lui donnent six jours d'arrêt de travail.

Pas une semaine sans qu'il y ait des coups, des insultes ou des crachats

Trois agressions physiques en deux jours, c'est beaucoup. Mais il ne se passe pas une semaine sans qu'il y ait un incident (coups, insultes, menaces, crachats...), selon les représentants du syndicat Sud. Et, selon le ministère de l'Intérieur, les agressions de pompiers qui ont fait l'objet de plainte ont augmenté de 23%, en 2017, au niveau national.

La plupart n'ont pas lieu lors d'interventions dans des quartiers difficiles mais en plein centre-ville de Nantes explique Thierry Vogne, du syndicat Sud. "La violence, elle est partout dans le centre-ville et de la part de tous les publics. Elle est souvent associée ou quasiment toujours associée à l'alcool ou à la drogue. Ce sont des insultes, des crachats et, trop souvent, ils en viennent aux mains"

Est-ce que je vais rentrer avec un œil au beurre noir ?

Guillaume, lui aussi syndiqué chez Sud, poursuit : "je pars toujours en intervention avec la même envie d'aider les gens. Mais, une fois sur place, si ça s'annonce compliqué, je me pose des questions que je ne me posais pas il y a quelques années. Est-ce que je vais rentrer avec un œil au beurre noir ? Est-ce que je vais rentrer chez moi avec un arrêt de travail parce que je me serai fait agresser par quelque qui a envie de s'en prendre à un pompier ?"

Des comportements violents attisés par l'effet de groupe

Il raconte ces jeunes sonnés par l'alcool et laissés par leurs copains dans la rue que les pompiers réveillent avant de les emmener à l'hôpital. Le ton qui monte, les insultes qui fusent, attisées par l'effet de groupe. Pour lui, les pompiers sont aussi maintenant pris pour cible parce qu'avec leur gyrophare bleu et leur uniforme, à travers eux, c'est l'État qui est visé, comme c'est déjà depuis longtemps pour les policiers. "Et ça, c'est des choses pour lesquelles on n'était pas préparé".

Les vitres des camions renforcées et des formations pour faire face aux comportements agressifs

Alors, ces dernières années, les vitres des camions ont été renforcées pour résister aux projectiles. Il y a désormais un bouton d'appel de détresse sur les radios et les pompiers ont des formations pour mieux faire face aux personnes agressives. "C'est-à-dire éviter de se mettre directement au contact d'un agresseur. Mais, malheureusement, des fois on n'a pas d'autre choix que d'être au contact. Il faut essayer de le repousser le plus gentiment possible pour essayer d'éviter d'envenimer les choses"

C'est épuisant

Mais c'est épuisant. Alors, la crainte de Guillaume, comme celle de Thierry, c'est de commettre une erreur sur les interventions suivantes, surtout si elles sont plus compliquées comme un incendie ou un gros accident. Une erreur qui les mettrait en danger et qui mettrait en danger les victimes.