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Faits divers – Justice

Les prisonniers basques, au coeur du forum du désarmement

samedi 7 avril 2018 à 19:36 Par Bixente Vrignon, France Bleu Pays Basque

Un an après le désarmement d'ETA, le 8 avril 2017, le forum sur le bilan et les enjeux a voulu mettre en avant que "le désarmement, ça n'est pas la paix". Depuis 2011, date du dernier attentat d'ETA, rien n'a changé pour les prisonniers basques ont souligné les participants.

Le président de la LDH, Michel Tubiana a conclu la journée
Le président de la LDH, Michel Tubiana a conclu la journée © Radio France - Bixente Vrignon

Biarritz, France

"Il faut désarmer les esprits, les consciences et les cœurs". L'hôte du jour, le maire de Biarritz Michel Veunac a donné le ton de la deuxième journée de ce forum. Après les débats consacrés aux victimes à Bayonne, la session de Biarritz se penchait sur les prisonniers basques, ils sont 54 incarcérés en France. Dans une allocution en anglais, le négociateur et pasteur nord-irlandais Harold Good a rappelé qu'au terme du processus, tous les prisonniers irlandais ont été libérés, même ceux auteurs de crimes de sang: "si on veut libérer la société, ce sont les prisonniers qui sont enfermés qui en ont la clef".

Justice d'exception

Maintenant qu'ETA a rendu ses armes, et que sa dissolution est attendue, probablement avant le mois de juin, il reste la question des prisonniers. le juriste français Philippe Texier, expert auprès de l'ONU a affirmé que "nous n'attendons pas de faveur, mais juste l'application de la loi", pour ceux qui sont incarcérés loin de chez eux, au contraire des autres prisonniers, et dont les demandes de libération conditionnelle sont systématiquement refusées.

Pour l'avocate Xantiana Cachenaut, qui défend les prisonniers basques, les motivations rendues par les juges pour refuser les libérations conditionnelles à ceux qui remplissent les conditions, "...ce sont des motivations politiques.  Par exemple une demande constante est la distanciation de l'organisation ETA. Quand les prisonniers disent qu'ils sont tout à fait d'accord avec l'arrêt de la lutte armée et que le Pays Basque est passé à une autre phase, les magistrats et le Parquet leur reprochent de continuer à diffuser le discours d'ETA. On se retrouve dans une situation complètement kafkaïenne! Il est difficile de trouver une porte de sortie".

La dissolution d'ETA pas suffisant

Xantiana Cachenaut: "On se retrouve dans une situation kafkaïenne!"

Dans ces conditions, l'avocate se demande si l'annonce de la dissolution de l'organisation ETA sera suffisante pour les magistrats pour accorder des libérations conditionnelles.

Le président de la Communauté Autonome du Pays Basque (CAPB), Jean-René Etchegaray, est conscient des difficultés et dit "respecter la position de chacun, y compris ceux qui pensent qu'on n'a pas assez de compassion pour les victimes. Mais nous pensons aussi aux victimes, nous avons un cœur! (...) Je veux juste signlaer que ce processus de paix est encore très fragile!"

Jean-René Etchegaray: "Il faut s'expliquer, il faut parler. C'est inadmissible de nous parler d'instrumentalisation"

"Une démarche inquisitoriale"

Le président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Michel Tubiana a conclu les débats en dénonçant: "La politique actuelle de institution judiciaire qui impose des conditions invraisemblables pour les libertés conditionnelles, relève pour certains d'une démarche inquisitoriale qui est absolument insupportable". Le défenseur des droits humains souligne que "ce n'est pas l'idée que je me fais de la justice: fonder une décision sur le fait qu'une personne participe à la volonté de désarmement, mais lui dire: "si vous faites ça, c'est que vous êtes toujours membre d'ETA, c'est l'enfermer dans un piège diabolique".