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Faits divers – Justice

Les professionnels de la justice manifestent à Reims et Châlons-en-Champagne pour obtenir des moyens

jeudi 15 février 2018 à 15:38 Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne

Ce jeudi, les avocats, magistrats et fonctionnaires de la justice ont exprimé leur ras le bol en se rassemblant devant les palais de justice de leurs villes, comme à Reims et Châlons-en-Champagne. Ils dénoncent le manque de moyens et les réformes à venir comme la spécialisation des Cours d'appel.

Avocats et magistrats rassemblés sur les marches du palais de justice de Reims
Avocats et magistrats rassemblés sur les marches du palais de justice de Reims © Radio France - Raphaël Cann

Reims, France

Ils n'ont pas pour habitude de manifester, mais aujourd'hui les magistrats, les avocats et les fonctionnaires de justice ont eu envie de se faire entendre. A l'appel de neuf syndicats et organisations, des rassemblements étaient organisés partout en France devant les tribunaux. C'était le cas ce jeudi à Châlons-en-Champagne, ou encore à Reims où une centaine de personnes se sont réunis sur les marches du palais de justice.

"La justice, tel qu'elle évolue, est en voie de clochardisation. C'est déplorable", n'hésite pas à dire cette magistrate, représentante de l'Union syndicale de la magistrature, qui ajoute : "On s'inquiète de savoir ce que l'on va devenir".

Première inquiétude : la réforme voulue par la Garde des sceaux Nicole Belloubet, qui vise à spécialiser les tribunaux et notamment les cours d'appel. "Par exemple, vous divorcez à Châlons-en-Champagne, mais vous décidez de faire appel et bien cet appel pourra être suivi à Colmar parce que ce sera la cour d'appel de Colmar qui sera spécialisée en divorce", explique Daniel Bernocchi, greffier à la Cour d'appel de Reims, et membre du syndicat UNSA services judiciaires.

"A terme, on va assécher les cours" - "On est particulièrement écoeuré" - "Les contraintes budgétaires ne devraient pas s'appliquer à la justice"

Pour le bâtonnier du barreau des avocats de Reims, Olivier Delvincourt, l'objectif du ministère est clair : "Il veut une fois de plus centraliser la justice", dit-il. "Ca va éloigner le justiciable de son tribunal". Des trajets qui, sur le papier, pourraient être atténués par la numérisation grandissante des actes et des documents "Mais de nombreuses personnes n'ont pas accès à internet", souligne Olivier Delvincourt.

Et les professionnels de la justice eux-mêmes, n'ont pas les moyens d'opérer le tournant du numérique. "On travaille avec des ordinateurs obsolètes, des logiciels inadaptés, on ne peut pas se transmettre des pièces d'une juridiction à l'autre parce qu'elles sont trop lourdes à envoyer. On nous présente le numérique comme la panacée alors qu'on est sinistré". Et le bâtonnier de craindre qu'à terme, à force de numériser et d'enlever des hommes, on ne ferme des tribunaux.

Un mal-être grandissant dans la profession

En France aujourd'hui, la justice vit avec l'équivalent de 60 à 72 euros par habitant et par an, soit moitié moins qu'en Allemagne. Notre pays se situe ainsi au 23ème rang européen sur 28 en ce qui concerne le budget alloué à la justice. "On ne veut pas mettre les moyens dans la justice depuis des années", se désole le bâtonnier du barreau des avocats de Reims, Olivier Delvincourt. 

Une situation qui pèse sur le quotidien des professionnels, à qui l'on reproche souvent la lenteur de la justice. "On prend du temps sur notre vie privée parce qu'il n'y a plus une juridiction qui fonctionne avec des conditions de travail normales, du coup il y a des magistrats et des avocats en burn-out, ce qui n'est jamais arrivé", avoue cette avocate rémoise présente dans le rassemblement devant le palais de justice de Reims ce jeudi.

Olivier Delvincourt, invité de 7h45 ce jeudi 15 février

Une pétition en ligne a été lancée : :  https://www.unepetition.fr/mobilisationpourlajustice