Faits divers – Justice

Les prud'hommes de Tours vont-ils donner raison à des ex-Michelin qui contestent leur licenciement ?

Par Xavier Louvel, France Bleu Touraine dimanche 11 décembre 2016 à 18:00

Manifestation des Michelin à Joué-lès-Tours en octobre 2013
Manifestation des Michelin à Joué-lès-Tours en octobre 2013 © Maxppp - P. Deschamps

57 anciens salariés de Michelin à Joué-lès-Tours ont saisi les prud'hommes de Tours. Ils contestent le motif économique comme argument de fermeture et donc de licenciement. Le Conseil rend son jugement ce lundi.

La justice doit trancher ce lundi le conflit qui oppose Michelin à 57 anciens salariés de l'usine de Joué-lès-Tours. Ils contestent leur licenciement pour motif économique.

Il y a quasiment deux ans jour pour jour, le dernier pneu poids-lourds sortait de l'usine Michelin de Joué (18 décembre 2014). C'était la fin d'une longue histoire entre le fabricant de pneus et la cité jocondienne. Face à cette décision de stratégie industrielle, 720 postes ont été supprimés. 168 personnes ont été licenciés, dont certains avaient plus de 30 années d'ancienneté. Sur ces 168 anciens-salariés licenciés, 57 ont décidé de ne pas en rester là, et d'obtenir justice. Ils s'estiment trahis par Michelin et le gouvernement de l'époque qui avait promis aucun licenciement sec.

En 2013, Arnaud Montebourg avait promis "zéro licenciement" et son successeur à Bercy Emmanuel Macron avait dit "faire confiance à Michelin"

L'avocate des salariés, Maitre Marsault, a évoqué à l'audience en septembre devant les prud'hommes que "les périls de compétitivité au niveau mondial et européen n'étaient pas démontrés au moment de l'annonce du plan social en 2013". En d'autres mots, Michelin n'avait aucune obligation de fermer l'usine, si ce n'est pour "satisfaire les actionnaires" selon la CGT qui met en avant les bénéfices records en 2015 de 1,16 milliards d'euros

Ce n'est pas un licenciement économique, c'est un licenciement boursier pour satisfaire les actionnaires. Claude Guillon, ancien délégué CGT de Michelin à Joué-lès-Tours

"Les entreprises qui ne se réorganisent pas vont dans le mur" défend l'avocat de Michelin. "La pression concurrentielle justifiait ces licenciements" selon lui.