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Faits divers – Justice DOSSIER : Le pourquoi du comment

Les questions qu’on se pose sur le braconnage dans l'Yonne

vendredi 15 mars 2019 à 5:06 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

Il y a eu ces dernières semaines plusieurs incidents impliquant des chasseurs, des cas de braconnage dans l'Yonne et la Nièvre. Est-ce un phénomène en hausse ? Qu’est-ce que risquent les chasseurs indisciplinés ?

 Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Vincent MOUCHEL

Selon le bilan 2018 de l'office national de la chasse et de la faune sauvage dans l'Yonne, le nombre d'infractions est en hausse : 369 infractions dans le département en 2018 contre 337 en 2017, soit 32 de plus. Il y également eu 10 procédures judiciaires supplémentaires.

Evidemment, ces procédures et ces infractions ne sont pas toutes liées à la chasse. Il y en a aussi qui concernent l'environnement, les nouveaux animaux de compagnie ou encore la vente d'objets interdits comme des peaux de bêtes ou des objets en ivoire.

En ce qui concerne les faits de braconnage, l'office national de la chasse dans l'Yonne parle d'un phénomène "constant et régulier".

Deux affaires de braconnage récentes 

Deux affaires se sont produites coup sur coup. La première dans le tonnerrois, le 5 mars : deux hommes ont été interpellés pour braconnage. Ils étaient dans une voiture. Le conducteur était alcoolisé et il y avait un fusil de chasse et la dépouille d’un chevreuil dans le véhicule. Les deux hommes, dont l’un au moins n’avait pas de permis de chasse, seront jugés en mai au tribunal correctionnel d’Auxerre. "Les infractions sont multiples", explique-t-on du côté de l’office de la chasse, "ils chassaient dans une voiture, ce qui est interdit, sans respecter le plan de chasse, et sans permis…"

Plus récemment, à Entrains sur Nohain dans la Nièvre, dix-sept personnes ont été arrêtées en pleine partie de chasse. Pourtant, la chasse au petit gibier est fermée depuis le 31 décembre pour le faisan et depuis le 31 janvier pour le canard. Ces chasseurs expérimentés ont pourtant tiré plus de 280 coups de feu et tué plus de 50 animaux de ces espèces. Ils devront eux aussi répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel de Nevers. 

Dans ces deux cas, les prévenus risquent jusqu'à 4 ans de prison et 60 000 euros d’amende.

Atteintes à l’environnement et  à la sécurité

Le braconnage est une atteinte à la sécurité et à l’environnement. La forme la plus courante de braconnage est celle qui vise à chasser des espèces menacées ou protégées. On comprend aisément pourquoi c’est interdit.

Mais il y a aussi d'autres cas de figure : chasser sans permis, de nuit, en voiture, et plan de chasse... Car on ne peut pas tuer n'importe quel animal n'importe où. Il y a des zones de chasses, des zones où le gibier est plus ou moins important etc... Tout cela est encadré.

Quant à la chasse en dehors des périodes autorisées, elle est dangereuse car elle peut avoir un impact sur la reproduction et la survie des espèces.  

La vente d'objets interdits : du "braconnage sans fusil"

Parfois, le braconnage se fait sans fusil, dans ces cas-là, on parle d'atteinte à la faune sauvage, "même si cette faune n'est pas autochtone", précise-t-on à l'office de la chasse. Il s'agit du commerce d'espèces ou de parties d'espèces protégées. Ce sont des objets en ivoire mais aussi des carapaces de tortues marine, des peaux de bêtes ou encore des œufs d'autruche.

Ça se passe sur les marchés aux puces et les vides greniers. L'été dernier, on a saisi plus de 300 pièces sur les marchés de Sens, Aillant-sur-Tholon et Mézilles. Des objets en ivoire, des rostres de requin-scie (ce sont des mâchoires), une dent d'hippopotame et même un crâne de lion...

Ça se passe aussi de plus en plus sur des sites de petites annonces. Dans l'Yonne, les agents de l’Office national de la chasse ont trouvé l’an dernier des oreilles d’éléphants ou des cranes de primates, en vente sur internet.