Faits divers – Justice

Les réfugiés sahraouis demandent à être payés pour le travail réalisé dans des vignobles de Gironde

Par Charlotte Coutard, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 10 septembre 2015 à 8:22

Vignes, image d'illustration
Vignes, image d'illustration

C'est une affaire présumée de travail dissimulé qui vient d'être signalée au parquet de Bordeaux. Des réfugiés sahraouis affirment avoir travaillé dans des vignobles de Gironde. Ils n'auraient pas été payés, et n'auraient pas eu de contrat de travail. Ils ont manifesté mercredi.

C'est une affaire qui tombe mal en pleine période de vendanges : il y aurait eu plusieurs cas de travail au noir dans les vignes du Langonnais et du Sauternais. Elle concerne _une vingtaine de ressortissants sahraouis,_ demandeurs d'asile. Une partie d'entre eux ont manifesté ce mercredi soir devant une entreprise de La Réole, spécialisée dans le recrutement de main d'oeuvre agricole dans le sud Gironde.

Vingt-deux travailleurs, mais seulement cinq contrats de travail

Ces Sahraouis vivent dans un campement de fortune, sous des tentes aux abords du pont Saint-Jean, sur la rive droite de Bordeaux. Depuis le mois de mai, ils demandent à être payés pour le travail effectué dans les vignes. En tout, ils sont vingt-deux,  et seulement cinq d'entre eux ont eu droit à un contrat de travail. Après avoir alerté les gendarmes et l'inspection du travail, ils se sont tournés vers les syndicats, dont la CGT,  pour les soutenir dans leur combat. 

 Dih Ahmedaba Hamada par exemple a travaillé pendant dix-huit jours sans interruption, et il n'a été payé que 200 euros, "de la main à la main".

Ils profitent de ceux qui vivent sous le pont, ils les embauchent sans faire de contrat de travail, sans payer les heures travaillées, y compris le samedi et le dimanche. 
En mai j'ai travaillé 95 heures, je n'ai été payé que pour 70 seulement.
— Azman Abdallah Bachir

Le reportage France Bleu Gironde d'Ezéquiel Fernandez.

L'inspection du travail a signalé l'affaire au parquet de Bordeaux

Le patron de l'entreprise ne s'attendait sans doute pas à ce que ses employés Sahraouis réclament que la loi soit respectée. Mais pour les réfugiés, il a voulu profiter de leur situation d'extrême précarité. La CGT met aussi en cause les châteaux, et pas des moindres, qui sous-traitent le travail dans les vignes. Selon le syndicat, ils devraient se montrer un peu plus regardants sur les conditions d'embauche des saisonniers.

Ils passent un contrat de service avec une société qui va leur fournir une main d'oeuvre, pour faire un travail sur leur exploitation. Ils doivent s'assurer que l'entreprise est en règle avec la législation française.
— Francis Faye

Francis Faye, membre de la CGT.

L'inspection du travail a signalé cette affaire présumée de travail dissimulé au parquet de Bordeaux, qui devrait prochainement ouvrir une enquête.