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Faits divers – Justice

VIDÉO - Les zadistes rapportent à la préfecture, à Nantes, les grenades lacrymogènes envoyées par les gendarmes

jeudi 19 avril 2018 à 15:40 - Mis à jour le jeudi 19 avril 2018 à 19:08 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan et France Bleu

Des milliers de grenades lacrymogènes ont été tirées par les gendarmes lors de la première semaine d'intervention sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Ce jeudi, des zadistes en ont rapporté une partie à la préfecture, à Nantes. Ils ont aussi dressé leur bilan des blessés.

Des milliers de cartouches de gaz lacrymogène ont été déversées devant la préfecture
Des milliers de cartouches de gaz lacrymogène ont été déversées devant la préfecture © Radio France - Marion Fersing

Nantes, France

Retour à l'envoyeur, ce jeudi midi, devant la préfecture, à Nantes. Quelques Zadistes ont déversé devant devant le bâtiment une partie des milliers de grenades lacrymogènes lancées par les forces de l'ordre lors de la première semaine d'intervention sur la Zad de Notre-Dame des Landes. Elles sont arrivées dans des sacs, empilés dans la remorque d'un tracteur. Des sacs vidés, les uns après les autres, jusqu'à faire un tas conséquent. "Et encore, ce n'est qu'une partie", s'exclame un zadiste. "On n'a pas pu tout ramasser". L'odeur de gaz lacrymogènes est encore forte. Ça pique les yeux.

C'est une remorque entière qui a été déversée devant la préfecture - Radio France
C'est une remorque entière qui a été déversée devant la préfecture © Radio France - Marion Fersing

Des hématomes dus aux tirs de flashball, des éclats de grenades et des troubles à cause de l'effet de souffle

L'équipe médicale de la Zad profite de cette action pour dresser son bilan des blessés. Marie, médecin généraliste à la retraite, égrène les blessures qu'elle a soignées : "elles touchent tout le corps : le visage, les organes génitaux, les jambes. On a des hématomes à l'abdomen, au thorax, au visage... après des tirs tendus de flasball. On a aussi des éclats de grenade, tout près de l'oeil, aux mains, aux pieds, aux jambes, au thorax. On a aussi des troubles neurologiques et auditifs dus à l'effet de blast (de souffle, ndlr)..." En tout, l'équipe médicale annonce 272 blessés, dont 10 graves, qui ont du être évacués. 

On a toutes les conditions pour qu'il y ait un mort !

Et si les évacuations reprennent à l'issue de l'ultimatum fixé au 23 avrils aux zadistes pour se régulariser, cette jeune femme qui se fait appeler Camille craint le pire. Elle aussi fait partie de l'équipe médicale. "Aujourd'hui, on peut témoigner que vu la manière dont les armes ont été utilisées, il y aurait déjà pu y avoir un mort. Tous les jours, on a frôlé la catastrophe : des pertes d'yeux, de pieds. On a aussi été près de perdre des vies avec des grenades lancées par dessus des haies et qui tombent dans les capuches ou les sacs à dos. Et je pense que, malgré la retenue officielle de la gendarmerie, on a toutes les conditions pour qu'il y ait un mort !"

La gendarmerie elle-même paie le prix de ses armes

Très remontée, elle poursuit : "la gendarmerie elle-même paie le prix de ses armes ! Quatre gendarmes se sont retrouvés à l'hôpital parce qu'ils se sont fait péter une grenade dans la tronche !"

La violence des opposants ? C'est la seule chose que le gouvernement entend

En tout, 11.000 grenades auraient été tirées face aux opposants qui ont raison de résister, comme ils l'ont fait contre l'aéroport, pour Marie : "c'est vraiment très triste de le dire mais, honnêtement, sans les gens capables d'exercer une certaine violence contre la police, et j'en suis bien triste, le projet serait construit. C'est la seule chose qu'entend le gouvernement, c'est vraiment malheureux".