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Faits divers – Justice

Limoges confrontée au casse-tête de la prise en charge des mineurs délinquants

lundi 28 novembre 2016 à 19:37 Par Nathalie Col, France Bleu Limousin

Qu'advient-il des mineurs délinquants, de plus en plus nombreux à Limoges selon le patron de la police de la Haute-Vienne ? C'est une épineuse question face à laquelle il y a des limites et "pas de solution miracle" selon le procureur de la République de Limoges.

A la cité judiciaire de Limoges, trois juges des enfants sont chargés de remettre les mineurs délinquants dans le droit chemin
A la cité judiciaire de Limoges, trois juges des enfants sont chargés de remettre les mineurs délinquants dans le droit chemin © Radio France - Nathalie Col

Limoges, France

Il y a quelques jours, le patron de la police en Haute-Vienne alertait sur l'augmentation de la délinquance des mineurs à Limoges, avec des mis en cause de plus en plus jeunes et pour des faits de plus en plus graves. Une tendance confirmée par l'interpellation vendredi dernier de deux garçons de 11 ans soupçonnés d'avoir très violemment agressé trois femmes dans le cimetière de Louyat, pour leur voler de l'argent. Le problème, c'est que face à cette délinquance précoce, il n'y a pas grand chose à faire.

Une quasi impunité jusqu'à 13 ans

Avant 13 ans, les enfants ne sont pas responsables pénalement. Impossible même de les placer en garde à vue ou sous contrôle judiciaire et donc pas de condamnation non plus. Pour les faits les plus graves comme ces vols avec violence commis au cimetière de Louyat, il y a quand même une convocation devant un juge des enfants. Pour ces garçons de 11 ans ce sera en janvier. Ils seront bien mis en examen mais tout ce qu'ils risquent à cet âge c'est un rappel à la loi, un peu comme une leçon de morale, et des mesures d'accompagnement éducatives et sociales pour eux et leurs familles.

Des mesures qui peuvent sembler dérisoires

En clair un éducateur va les surveiller de près, sachant que dans la majorité des cas, ces jeunes délinquants viennent de familles sans repères, sans cadre, où l'autorité parentale est inexistante. Parfois les mesures proposées paraissent donc bien dérisoire, comme pour le jeune surnommé la terreur de Limoges, dont on a beaucoup parlé ces dernières années. Ultra violent, multirécidiviste, il fréquente assidûment le commissariat, le tribunal, des foyers et des centres éducatifs fermés. Il a même fini par faire un peu de prison. Un policier qui le connait bien confie qu'il redoute le jour où il finira par tuer quelqu'un.

L'incarcération des jeunes entre 13 et 16 ans : une possibilité rarement mise en oeuvre

Dans certains cas, il est quand même possible d'incarcérer des mineurs puisqu'il existe des centres éducatifs fermés, sortes d'antichambres de la prison. Ces structures peuvent accueillir des jeunes à partir de 13 ans, sauf que dans les faits, jusqu'à 16 ans c'est assez rare. Il faut que toutes les mesures éducatives aient échoué, que le jeune soit récidiviste, qu'il ait violé son contrôle judiciaire et que les faits reprochés soient assez graves pour encourir au moins 5 ans de prison. C'est un peu l'ultime recours. Avant cela, il y a aussi la possibilité de placer les mineurs dans des foyers ouverts ou des centres éducatifs renforcés. Parfois ça suffit à les remettre dans le droit chemin, mais pas toujours. Là aussi la police de Limoges a des exemples récents.

"Malheureusement il n'y a pas de solution miracle" - Gilbert Emery, procureur de la République de Limoges

Face à l'exaspération des policiers, le parquet nuance. Les problèmes de délinquance des mineurs concernent surtout un noyau dur d'une vingtaine de multirécidivistes à Limoges. Pour le procureur de la République de Limoges il n'y a donc pas de quoi remettre en cause toute la justice des mineurs. "Pour eux les mesures éducatives n'ont pas marché mais il y a aussi d'autres mineurs qu'on ne revoit jamais" ajoute Gilbert Emery qui plaide pour un juste équilibre entre prévention, accompagnement éducatif et répression. Sachant que les mesures qui marchent pour un enfant ne fonctionnent pas forcément pour un autre.