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Faits divers – Justice

La détention préventive maintenue pour le suspect d'un incendie dans une caserne de gendarmerie de Limoges

jeudi 10 janvier 2019 à 12:13 Par Nathalie Col, France Bleu Limousin

La cour d'appel de Limoges a rejeté ce jeudi la demande de mise en liberté d'un homme soupçonné d'un incendie à la caserne de gendarmerie Jourdan, en 2017 à Limoges. En détention provisoire depuis neuf mois, il clame son innocence. Un collectif "anti-répression" est venu le soutenir à l'audience.

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant la cour d'appel de Limoges pour réclamer la libération du suspect, en détention provisoire depuis 9 mois.
Une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant la cour d'appel de Limoges pour réclamer la libération du suspect, en détention provisoire depuis 9 mois. © Radio France - Nathalie Col

Limoges, France

Après neuf mois de détention provisoire, un Limougeaud de 33 ans comparaissait devant la cour d'appel de Limoges ce jeudi matin pour demander sa remise en liberté. L'homme est soupçonné d'avoir incendié cinq véhicules de gendarmerie en septembre 2017, dans l'enceinte de la caserne Jourdan. Des faits qu'il nie mais pour lesquels il a été interpellé en avril 2018. Depuis, il est donc derrière les barreaux et il va y rester encore un moment, puisque la cour d'appel a rejeté sa demande. Une décision scandaleuse pour son avocat et une quarantaine de personnes présentes à l'audience qui se réclament d'un collectif "anti-répression".  

La présomption d'innocence bafouée selon la défense

Maître Raphaël Kempf, l'avocat du jeune homme, rappelle que tant que l'affaire n'est pas jugée, son client est présumé innocent et que "la détention doit normalement rester l'exception". D'autant plus que dans ce dossier, pour lequel l'instruction est sur le point de se terminer"tous les éléments possibles et imaginables ont été recueillis et qu'à ce stade sa détention provisoire n'est absolument pas indispensable à la manifestation de la vérité." L'avocat souligne également que son client était prêt à accepter de se soumettre à un contrôle judiciaire ou de porter un bracelet électronique face aux craintes d'un risque de fuite émises par l'avocat général. L'homme qui a une formation d'électricien a également une proposition d'embauche en CDD dans la région d'Angers, où vivent ses parents. Des arguments qui n'ont pas suffit à infléchir la justice.

Il y a dans ce dossier des vieux relents de procédure inquisitoire d'ancien régime. On attend des aveux et on fait payer à mon client le fait d'avoir gardé le silence par moments. - Maître Raphaël Kempf

L'avocat général avait pour sa part requis le maintien en détention, en estimant notamment que sa libération pourrait créer un trouble à l'ordre public compte tenu de la nature des faits qui lui sont reprochés. Le manque de coopération du suspect a aussi été soulevé. Par le passé, l'homme a plusieurs fois refusé de se soumettre à des prélèvements ADN pour d'autres affaires. Il a également exercé son droit à garder le silence lors de certains interrogatoires dans le dossier de l'incendie à la caserne Jourdan. "Je ne suis pas un collaborateur avec la police. J'ai des principes mais je suis capable de respecter les règles de la vie en société" a d'ailleurs indiqué le Limougeaud lors de l'audience ce jeudi. Selon son collectif de soutien, ce sont ces principes et aussi un contexte défavorables qui pèsent aujourd'hui sur cette décision de le maintenir en détention provisoire. Ce collectif dénonce ainsi la "répression qui touche beaucoup de manifestants actuellement, on le voit notamment avec les gilets jaunes interpellés en masse ou victimes de violences."

Un homme marqué par ces 9 mois de détention

Les soutiens du jeune homme insistent aussi sur la difficulté psychologique de rester derrière les barreaux pour un homme qui se dit innocent. Un impact psychologique que la cour a en partie pu mesurer lors de la prise de parole du suspect à la fin de l'audience. Après avoir répété qu'il n'avait "rien à voir dans cette histoire", il a craqué en évoquant sa vie d'avant, "une vie tranquille", et son souhait de revoir sa famille et notamment son grand-père gravement malade. Une émotion palpable qui là encore, n'a pas suffit pour obtenir sa libération.