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Faits divers – Justice

Limoges : les occupants de l'ancien CRDP seront bientôt expulsés

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Par , France Bleu Limousin

Une cinquantaine de personnes, principalement des sans-papiers, sont installés depuis la mi-mai dans l'ancien centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de Limoges (Haute-Vienne). La région, propriétaire des lieux, a lancé une procédure d'expulsion pou récupérer le bâtiment.

La région veut récupérer le bâtiment pour créer un campus de formations sanitaires.
La région veut récupérer le bâtiment pour créer un campus de formations sanitaires. © Radio France - Hélène Fromenty

Limoges, France

Plus que quelques semaines de répit. Les occupants de l'ancien Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de Limoges (Haute-Vienne), installés depuis le 17 mai, vont bientôt devoir quitter les lieux. Le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, a qui ce bâtiment situé près de la faculté de Lettres appartient, a entamé une procédure d'expulsion à leur encontre. 

Actuellement, une cinquantaine de personnes - principalement des sans-papiers ou des déboutés du droit d'asile, d'origine soudanaise, guinéenne, afghane, albanaise ou encore algérienne - vivent dans ce bâtiment, qui était jusqu'alors inoccupé. Un tiers d'entre eux sont des enfants. 

C'est le paradis pour notre famille !

"Ici on se sent bien, c'est comme une maison pour nous, affirme Azedine, un Algérien de 26 ans qui vit avec son épouse enceinte de 5 mois et leur fils de 2 ans.  On dort bien, on vit bien. Et il y a tout : un canapé, une table, un matelas. Il y a même une chicha ! C'est le paradis !" Avant d'arriver là, la famille a vécu pendant plus d'un mois dans la gare de Limoges. 

Un tiers des occupants des locaux sont des enfants. - Radio France
Un tiers des occupants des locaux sont des enfants. © Radio France - Hélène Fromenty

Le problème, c'est que le conseil régional a besoin du bâtiment du CRDP pour créer un centre de formations sanitaire et social. Un projet initié en 2015, et qui doit voir le jour à la rentrée 2019 : à terme, 900 élèves et étudiants y seront inscrits. 

Solutions de relogement

Pour accompagner les occupants "avant, pendant et après l'évacuation", la région a sollicité au mois de juillet les services de l'association d'insertion Habitat et Humanisme. Avec un objectif : trouver des solutions de relogement.

"C'est compliqué car ce sont des personnes qui n'ont pas de droits sociaux et qui n'ont donc pas accès aux logements classiques, précise le directeur du pôle accueil des réfugiés au sein de cet organisme, Lionel Pourtau. La préfecture est en train de réétudier certains dossiers de demande d'asile et une fois qu'ils auront un titre de séjour, on pourra les aider à trouver un hébergement. D'autres pistes sont aussi étudiées, auprès de diverses associations, et d'internats pour les mineurs."

Ecran de fumée

Du "travail respectable" selon Chabatz d'entrar, qui a aidé les personnes à s'installer dans ce bâtiment. Mais selon le collectif, il s'agit d'un écran de fumée. "C'est un moyen pour la région de dire "on a essayé de faire quelque chose", estime Stéphane Lajaumont, l'un des membres. Alors que la vraie solution ce serait de réunir tout le monde autour de la table, de regarder les financement disponibles, de voir les immeubles que l'on pourrait construire ou rénover. Quant on veut on peut ! 

Il y a des besoins d'hébergements dans toute la Haute-Vienne

Les membres du collectif demande la création d'un lieu pour accueillir 200 personnes, de manière inconditionnelle, c'est à dire quel que soit le statut administratif, la nationalité, l'âge ou la religion. "Rien qu'en ce moment au CRDP, il sont une cinquantaine, mais on a dû en refuser d'autres. Il y a de vrais besoins à Limoges et plus largement en Haute-Vienne."

Le tribunal administratif de Limoges rendra sa décision sur la demande d'expulsion la mercredi 29 août. Les occupants sauront alors dans quels délais ils devront quitter les lieux.