Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Loire : un militant d'Alternatiba poursuivi pour le vol d'un portrait d'Emmanuel Macron

-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Depuis le rapport alarmant du GIEC sur le climat publié en octobre dernier, des militants d'Alternatiba-Action non violente-Cop21 ont lancé l'opération "Sortons Macron". L'idée : décrocher les portraits du président des mairies. Dans la Loire, Vincent Bony est convoqué à la gendarmerie pour vol.

Vincent Bony est convoqué mardi 7 mai à la gendarmerie de Sorbiers pour une audience.
Vincent Bony est convoqué mardi 7 mai à la gendarmerie de Sorbiers pour une audience. © Radio France - OC

Sorbiers, France

Au départ dans la Loire, l'opération n'avait pas très bien fonctionnée : au cours d'une première journée, les militants d'Alternatiba n'avaient pas pu décrocher les portraits du président de la République dans les mairies de Roche-la Molière et de La Ricamarie. Pour la seconde journée, ils se sont mieux organisés : ils sont repartis de la mairie de Sorbiers avec la photo d'Emmanuel Macron.

Ces opérations se déroulent dans le calme et à visage découvert. Les militants expliquent qu'ils assument leur acte de désobéissance civile. Le 26 avril dernier, Vincent Bony était présent à Sorbiers et c'est lui qui tenait le portrait en sortant de la mairie : "On est prêt à prendre le risque, on met en jeu notre propre intégrité par rapport à la loi, pour dire que la loi ne sert pas l'humanité". Ce jour-là, ils étaient une dizaine de militants présents, avec un procédé bien rôdé : certains ont expliqué la démarche aux personnels, tandis que d'autres sont partis à la recherche de la fameuse photo. 

Jusqu'au procès

Et les suites de l'opération sont aussi bien pensées : Vincent Bony, comme les autres militants, savent que cet acte de désobéissance peut donner des suites judiciaires. "Sortons Macron" est une opération nationale et ailleurs en France, des militants ont déjà été convoqués et poursuivis. Selon les militants, les préfectures font pression sur les mairies pour qu'elles portent plainte pour vol. C'est ce qui s'est passé à Sorbiers : Vincent Bony est poursuivi pour vol en réunion. Il est convoqué ce mardi 7 mai à la gendarmerie de Sorbiers pour une audience. 

Mais il sait que les choses peuvent aller plus loin, jusqu'au tribunal. Mais c'est un peu ce que souhaite le collectif et Vincent Bony : "On veut renverser le procès et poser une question : qu'est-ce qui est le plus important ? Est-ce que c'est d'avoir retiré les portraits de Macron, est-ce que c'est ça le délit majeur ou est-ce que c'est de laisser l'humanité s'enfoncer dans un désastre annoncé ? Cela va être tout le jeu des procédures, la plaidoirie va être organisée au niveau national. L'histoire c'est bien de jouer sur ce décalage énorme entre une procédure facile sur un acte très symbolique et quand est-ce qu'on juge les vrais coupables de ce qui nous emmène à la catastrophe".

"La place blanche qu'on laisse au mur, c'est le vide de la politique climatique"

Avant d'entrer dans la gendarmerie, Vincent Bony va de nouveau donner des détails sur son acte : "L'idée c'est de demander au gouvernement de dire la vérité par rapport au GIEC, c'est-à-dire qu'on ne va pas en-dessous de 2 degrès ou de 1,5, mais on va vers 3, 4, 5... et ça, ça fait des zones énormes sur la planète où ce ne sera plus vivable, donc on va arriver rapidement avec des masses de gens en migration, on va vers une histoire qu'on n'a pas envie de vivre. Et aussi que la place blanche qu'on laisse sur le mur, c'est le vide de la politique climatique, et c'est aussi la page blanche que l'ensemble de l'humanité doit écrire sur la nouvelle histoire..."

Mis en garde à vue

Le mardi 7 mai, Vincent Bony a été placé en garde-à-vue pendant 4 heures à la gendarmerie de Sorbiers. Il est ressorti aux alentours de 20h, après une perquisition à son domicile. Il sera jugé le 17 décembre prochain au tribunal de Saint-Étienne pour le vol du portait d'Emmanuel Macron. Un vol en réunion est puni de 5 ans de prison et de 75 000 euros d'amende au maximum.

Le collectif Alternativa a d'ores et déjà annoncé la poursuite de ses actions pour dénoncer l'inaction gouvernementale. 

Choix de la station

France Bleu