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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Loiret : six mois de prison ferme pour un automobiliste qui a forcé un barrage des gilets jaunes

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Un homme de 34 ans était jugé ce lundi par le tribunal correctionnel d'Orléans. Ce samedi, il s'était retrouvé bloqué dans une manifestation des gilets jaunes à Saran. Il avait alors forcé le barrage, sans faire heureusement de blessé. Il a été condamné à six mois de prison ferme.

IMAGE D'ILLUSTRATION. À Cap Saran, des gilets jaunes occupaient tous les ronds-points.
IMAGE D'ILLUSTRATION. À Cap Saran, des gilets jaunes occupaient tous les ronds-points. © Radio France - Manon Derdevet

Saran, France

C'est un automobiliste qui n'a pas réussi à garder son sang-froid. Samedi, un homme de 34 ans a forcé un barrage des gilets jaunes à Cap Saran. Il a frôlé plusieurs personnes, mais n'a fait heureusement aucun blessé. Il était jugé ce lundi en comparution immédiate à Orléans.

Pris par surprise à Cap Saran

Ce menuisier né en 1984 souhaitait aller faire un plein d'essence, avant de se rendre sur un chantier. Chahid a entendu parler du mouvement des gilets jaunes mais n'écoute pas la radio, ne lit pas la presse, et ne se rend pas compte de l'ampleur que prend la mobilisation. Il se retrouve ainsi nez à nez avec des manifestants à un rond-point du centre commercial Cap Saran. Il hésite quelques instants et décide de se lancer à contre-sens dans le carrefour giratoire. Selon des témoins il roule à vive allure. Interrogé sur sa vitesse, le prévenu hésite : "Peut-être 30 ou 40 km/h. Je n'avais pas les yeux rivés sur le compteur, je regardais la route" détaille-t-il. 

"Il y avait des milliers de personnes, au moins des centaines en tout cas" - Le prévenu

À son passage, les manifestants s'écartent, de peur d'être renversés. Chahid frôle plusieurs personnes. À la barre, il regrette, se rend bien compte que son comportement était dangereux : "Avec du recul, je n'aurais jamais dû m'engager dans ce rond-point. " La présidente du tribunal le relance : "Pourquoi simplement ne pas vous être arrêté quand vous avez vu la manifestation ?" Le prévenu répond immédiatement : "Je n'ai pas réfléchi, je voulais juste me sortir de là. Il y avait des milliers de personnes, au moins des centaines en tout cas." 

Son avocate renchérit : "Il faut préciser que les manifestants ne sont pas si pacifistes que ça ! Il y avait des cris, des insultes fusaient."

Un policier hésite à ouvrir le feu

En quelques secondes, un policier intervient. Il lance un stop-stick, un dispositif pour crever les pneus et arrêter le fuyard. L'automobiliste évite et l'agent lui court derrière. Il sort son arme, envisage de tirer avant de finalement de se raviser. Chahid assure qu'il n'a pas vu l'agent des forces de l'ordre, et qu'il n'a pas entendu l'ordre de s'arrêter : "Si j'avais vraiment voulu fuir, je ne me serais pas arrêté dans une station service, deux cents mètres plus loin." 

La procureure de la République a requis huit mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Une sanction exemplaire pour ce comportement "qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques", dit-elle. L'avocate du prévenu, a pour sa part plaidé la relaxe. Chahid a déjà une dizaine de mentions à son casier judiciaire, assez anciennes, notamment pour violences et outrages. Il a été condamné à six mois de prison ferme pour violences avec armes, la voiture. Une peine aménageable.