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Faits divers – Justice

Loiret, une famille montargoise jugée pour terrorisme

dimanche 24 juin 2018 à 19:49 Par Christophe Dupuy, France Bleu Orléans et France Bleu

Le procès de trois membres d'une famille de Saint-Maurice-sur- Fessard prés de Montargis s'ouvre ce lundi 25 juin devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils comparaissent pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme.

Les frères Rettoun photographiés en zone irako-syrienne
Les frères Rettoun photographiés en zone irako-syrienne - Source Twitter

Saint-Maurice-sur-Fessard, Loiret, France

Informé en août 2014 des velléités d’une adolescente de Saint-Maurice-sur-Fessard âgée de 15 ans de se rendre en Syrie, le procureur de Montargis saisit la gendarmerie d’une enquête. La jeune fille a publié sur son compte Facebook des photos d'une femme en niqab et a exprimé son souhait de se rendre sur place pour mener le djihad. Durant son audition, Chaïma Rettoun informe alors les gendarmes du départ quelques mois auparavant de ses deux frères Yacine et Samy. Tous deux ont rejoint les rangs de l’Etat Islamique.

Décapitation et appel au meurtre de policiers

C’est le 23 juin 2014, deux mois à peine après Yacine, son frère aîné, que Samy Rettoun rejoint la Syrie. Le jeune homme qui vit avec ses parents et sa petite sœur à Saint-Maurice-sur-Fessard est alors âgé de 19 ans. Les deux frères se retrouvent à Raqqah puis à Mossoul. Dans de très nombreux documents, photos, vidéos, tous deux apparaissent sur les réseaux sociaux habillés en combattant, Kalachnikov à la main. Toujours recherché pour assassinat, Yacine pose muni d’un sabre, les mains et les bras ensanglantés avec la tête d'un homme décapité à ses pieds. Il est considéré comme l'un des bourreaux de Daesh. Samy, son cadet, apparaît lui dans une vidéo postée quelques jours après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher en janvier 2015, il appelle au meurtre de policiers

Les ambiguïtés de Samy Rettoun

Moins d’un an après son départ pour le djihad, Samy Rettoun se rend au consulat de France à Istanbul en compagnie de son épouse, une jeune fille originaire de Saint-Etienne qu’il a rencontré via internet. Expulsés le 16 avril 2015, ils sont arrêtés à Roissy. Sur place, il dit n’avoir fait que de la surveillance mais tout laisse à penser qu’il a comme son frère était un combattant pour l’Etat Islamique. Aujourd’hui son attitude est ambiguë. Il joue les repentis en identifiant notamment pour la justice un certain nombre de ressortissants français présent en Syrie et en Irak mais des conversations téléphoniques émises depuis sa cellule à Fresnes font encore clairement état de son allégeance à l’organisation terroriste.

Toute une famille impliquée

Durant tout le séjour de ses frères en Syrie et en Irak, la jeune sœur est en contact avec eux et partage leur engagement. Elle a été placée sous le statut de témoin assisté. Interpellé le jour même du retour en France de son fils Samy, le père de cette famille, Farid Rettoun, 58 ans, a été lui mis en examen. Il facilite la rencontre et le voyage de deux jeunes filles jusqu’en Syrie destinées à épouser Yacine et Samy. De très nombreux appels et SMS témoignent aussi de son soutien et de son encouragement. Il écrit notamment _« Vous avez raison mes enfants et que Allah vous protège et vous fasse vivre dans le bonheur »_. Sous contrôle judiciaire, Sana Chaguer, 27 ans, l’épouse de Samy Rettoun qu’elle a rejoint clandestinement en Syrie est également mise en examen. Si elle est pourtant au courant des agissements de ses fils, la mère de cette famille n’est pas poursuivie. "Une famille discrète" pour Gérard Lelièvre le maire de Saint -Maurice-sur-Fessard.