Faits divers – Justice

Lola, qui disait avoir été violée, reconnaît avoir menti

Par François David et Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon jeudi 17 juillet 2014 à 15:41

Lola lors de sa conférence de presse le 4 juillet 2014
Lola lors de sa conférence de presse le 4 juillet 2014 © MaxPPP

La jeune femme de 26 ans a tout inventé : elle n'a pas été violée le 25 juin dernier près du boulevard Kennedy à Perpignan. Elle a reconnu le mensonge à l'issue de sa garde à vue. Mais Lola ne sera pas poursuivie, car selon les expertises psychiatriques, son discernement était aboli.

C'était donc un mensonge. Lola n'a pas été violée, comme elle l'avait juré.** A sa sortie de 24 heures de garde à vue, la jeune femme a reconnu dans le bureau de son avocat qu'elle avait inventé de toutes pièces l'agression du boulevard Kennedy à Perpignan, le 25 juin dernier.**

Cette affaire aura mobilisé six enquêteurs pendant trois semaines. "Au total, 400 heures de travail d'enquête" déplore Achille Kiriakides, le procureur de la République de Perpignan. "Plus grave encore, cette affaire a provoqué l'émoi, l'inquiétude de la population féminine à l'entame de la saison estivale. Sans compter le risque d'erreur judiciaire..."

Lola a monti - proc 2

Des "incohérences dans ses déclarations"

Les choses se sont précipitées ces dernières heures. Lola a été placée en garde à vue mercredi à 14 heures à l'Hôtel de Police de Perpignan. Les enquêteurs avaient remarqué "des incohérences dans ses déclarations ", ce qui les a poussés à la convoquer pour l'interroger. 

La jeune femme indiquait avoir été violée par deux hommes sous la menace d'un couteau. Elle précisait aussi que la scène avait été filmée par téléphone portable. "Au vu des éléments de l'enquête ", précise le procureur de Perpignan, "quant au lieu et l'heure des faits, les éléments provenant de la téléphonie, les expertises biologiques, les expertises médicales, les témoignages, tout nous orientait vers cette conclusion : le viol n'est objectivement  et raisonnablement pas possible ."

Lola a monti - proc 1

La garde à vue a été levée en fin de matinée jeudi. Pendant l'interrogatoire, Lola a continué de maintenir ses déclarations. Ce n'est qu'une fois sortie de garde à vue qu'elle est passée aux aveux dans le bureau de son avocat .

L'affaire, ultra-médiatisée, avait été relayée abondamment sur les réseaux sociaux. Une marche en soutien à la jeune femme avait même été organisée dans les rues de Perpignan, rassemblant 500 personnes, une dizaine de jours après son agression.

Lola, en tête de la marche blanche  - Radio France
Lola, en tête de la marche blanche © Radio France - Anne-Natacha Bouillon
Discernement aboli

Malgré tout, Lola ne sera pas jugée pour dénonciation de crime imaginaire. Un examen psychiatrique pendant sa garde à vue révèle que son discernement était aboli au moment où elle a dénoncé les faits . "Elle était comme dans un état second ", explique son avocat Maitre Etienne Nicolau, "elle n'était pas consciente de ce qu'elle disait. Explication : quand elle avait 12 ans, elle a été violée. Personne ne l'a cru. Il semble que tout à coup, sur une personne qui était fragile, le passé a ressurgi. Et elle a été prise dans un engrenage ".

Lola - son Nicolau

 

Reste une question : y a t-il eu un événement déclencheur, qui soudain aurait fait remonter à la surface les cruels souvenirs ? Selon nos informations, Lola aurait bien eu un double rapport sexuel juste avant d'appeler la police. C'est sans doute ce qui a poussé les enquêteurs à prendre ses déclarations au sérieux dans un premier temps. Deux profils ADN ont été identifiés, deux hommes qui ont été placés en garde à vue avant d'être mis hors de cause.

Lola a tout de même rendez-vous avec la justice

La jeune femme va tout de même devoir répondre à une convocation du tribunal correctionnel de Perpignan. Le 5 aout prochain, elle sera jugée pour "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", pour avoir insulté un fonctionnaire de police au cours d'une audition.

 

 

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