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Faits divers - Justice

Lormont : un clip de rap crée la polémique, les éducateurs de rue réagissent

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Après la publication d'un clip vidéo tourné à la cité de Saint-Hilaire à Lormont (Gironde) début novembre, deux jeunes figurants de 14 ans et 19 ans ont été mis en examen puis placés sous contrôle judiciaire. Depuis, les éducateurs ont accentué leur travail de prévention sur le terrain.

Des jeunes du quartier ont volé puis incendié des véhicules pour le clip.
Des jeunes du quartier ont volé puis incendié des véhicules pour le clip. - Capture d'écran Youtube

Lormont, France

Un adolescent arme en mains, des joints de cannabis exhibés, des véhicules volés pour être incendiés, des paroles appelant à la violence... tout cela condensé dans un clip de rap de 2 minutes et 37 secondes. Il s'agit d'une vidéo tournée le 3 novembre dans la cité de Saint-Hilaire à Lormont et publiée sur Youtube le 13 novembre.

Une enquête est en cours

Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête judiciaire pour "recel de vols" et "destruction de biens par un incendie". Deux jeunes figurants de 14 ans et 19 ans, suspectés d'avoir participé aux dégradations, ont été placés sous contrôle judiciaire après une mise en examen. 

Ils ont participé au clip d'un rappeur de Marseille venu spécialement en banlieue bordelaise pour réaliser son mini-film. "Il a cru bon de manipuler des gamins sous couvert d'un clip" confie, énervé, le maire de Lormont Jean Touzeau qui a saisi le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner.

"J'espère que les sanctions seront les plus dures parce qu'il y a l'utilisation de l'image de mineurs, des faits graves, des mises en scène qui sont horribles, dans une ville où l'on essaie toujours d'apporter de l'apaisement, du bien-être et de l'éducation."

Les éducateurs plaident pour l'inconscience

Les armes seraient fausses, mais une voiture et quatre motos, toutes volées, ont été incendiées. Une cage d'escalier, rénovée récemment et qui a servi de lieu de tournage du clip, a aussi été dégradée. Certains éducateurs de la cité expliquent que les jeunes ont été embarqués sans réellement comprendre la portée de leurs actes.

Sur le moment, "ils n'ont pas le temps de réagir, de se poser la question si ce qu'ils vont faire est dangereux ou non" explique Abdellilah, éducateur de rue à la cité de Saint-Hilaire. "L'invitation a été lancée sur les réseaux sociaux. C'est presque : j'ai vu la lumière, je suis rentré!"

"C'est sur internet. Pour lui, ça veut dire: c'est presque légal" explique un jeune à son éducateur.

Dès le lendemain du tournage, les éducateurs sont au courant. Ils vont voir des jeunes du quartier, dont certains sont présents dans le clip, et en discutent avec eux. "J'ai un jeune qui me dit : c'est sur internet. Pour lui, ça veut dire: c'est presque légal" ajoute Abdellilah.

Un autre éducateur, dépité lors de la sortie du clip, raconte que les jeunes voulaient "juste passer sur Youtube pour avoir des vues". La diffusion du clip a déclenché une crise dans les organismes en lien avec les jeunes du quartier de St Hilaire.

Des actions de sensibilisation et de prévention sont prévues

Depuis, les éducateurs de rue ont accentué leur travail sur le terrain. Un travail de dialogue, de sensibilisation et de prévention. Ils observent que les jeunes ont pris conscience de la gravité des faits. "Ils ne le disent pas explicitement, mais ça s'est vu dans nos actions" affirme Mathias, lui aussi éducateur à la cité de Saint-Hilaire.

"Quand il y a des mineurs, ça pose question parce qu'ils ne voient qu'un clip vidéo. Ça peut avoir des conséquences directes ou indirectes, ça va impacter les habitants du quartier et le stigmatiser, malheureusement. Et en même temps, je dirais que Lormont ne se résume pas à Saint-Hilaire".

Les services de la mairie et les organismes en contact avec les jeunes du quartier lormontais ont prévu des actions de sensibilisation dans les écoles début janvier.

Le clip en question

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