Faits divers – Justice

Loup dans le Diois : retour devant la justice dans un climat tendu

Par Xavier Demagny, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu mardi 29 septembre 2015 à 10:08

Le loup, image d'illustration.
Le loup, image d'illustration. © Max PPP

Le loup fait de nouveau parler de lui cette semaine. Plusieurs associations, de défense du canidé, ont décidé de contester le dernier arrêté préfectoral en date qui autorise le prélèvement renforcé, devant le Tribunal administratif de Grenoble mercredi. Le tout dans un climat particulièrement tendu.

 Publié début septembre, ce dernier arrêté du préfet de la Drôme autorise les chasseurs à tirer sur le prédateur, dans un secteur bien défini, sur les trois communes de Lus la Croix Haute, Glandage et Treschnu Creyers, et ce pour une période de six mois. 

Retour à la case justice

Eleveurs, chasseurs vont se retrouver à nouveau face aux "pro-loups", et ce n'est pas une surprise. Les associations l'avaient annoncé, elles ont attaqué ce nouvel arrêté du préfet, publié début septembre. C'est la quatrième fois et jusqu'a présent la justice leur a toujours donné tort.

Ce n'est pas non plus surprenant parce que cette fois, un cap a été franchi avec la signature d'un arrêté de prélèvement renforcé. Cela signifie que désormais les chasseurs formés ont le droit de tirer sur des loups pendant une période de six mois, dans le cadres de battues de grand gibier. Avant, seuls les agents de l'Office national de la chasse et les lieutenants de louveterie y étaient autorisés. 

Les associations, elles, avancent toujours l'argument que le loup est une espèce protégée. 

Des cartes postales étranges

Et à la veille de l'audience, le climat est plutôt tendu. De nombreux chasseurs autorisés à chasser le loup ont eu une mauvaise surprise dans leur boite aux lettres.  Un corbeau s'est amusé à envoyer des cartes postales à tout ceux qui ont suivi la formation pour tirer sur le loup. À chaque fois, elles sont signées d'un prénom féminin et laissent entendre à une relation adultère.

“Comment accepter vos caresses si vous tuez des loups”, “Si tu veux me revoir, refuse d'aller tuer un loup”, voilà le genre de messages reçus par les chasseurs.

Ce canular n'a pas fait rire tout le monde au début puisque cela a valu à certains couples quelques chamailleries. À chaque fois les cartes ont été envoyées depuis la Belgique, difficile, donc de remonter un jour jusqu'à ce corbeau. Les destinataires imaginent eux que les défenseurs du loup sont derrière tout ça.

Un premier bilan dramatique pour les troupeaux 

Vient s'ajouter un bilan terrible, en terme de victimes. C'est deux fois plus que l'an dernier. Plus de 250 bêtes ont été tuées. Le nombre d'attaques, lui, est à peu près équivalents. Elles ont donc été beaucoup plus meurtrières. 

L'ironie du sors c'est que pour l'instant, aucun loup n'a été prélevé en Drôme cette année, il est toujours très compliqué de repérer l'animal. En france, on peut en prélever 36 en tout. Le dernier a proximité du Haut-Diois, c'était le 13 août, à Dévoluy dans les Hautes Alpes. Ce lundi, un sixième animal a été abattu dans les Alpes Maritimes.