Faits divers – Justice

Loup : trois membres du Parc national de la Vanoise séquestrés par des éleveurs de moutons durant quinze heures

Par Anne Chovet, France Bleu Pays de Savoie mercredi 2 septembre 2015 à 3:55

Un loup dans le parc du Gévaudan - illustration
Un loup dans le parc du Gévaudan - illustration © MaxPPP

Le président, le directeur et un agent du Parc national de la Vanoise (Savoie) ont été retenus par une cinquantaine d'éleveurs de moutons durant 15 heures entre mardi soir et ce mercredi 14h. Ils ont été empêchés de quitter la salle des fêtes de Bramans, en Haute Maurienne mardi soir à l'issue d'une réunion. Les éleveurs exigent l’abattage de cinq loups dans le département d’ici la fin de l’année.

A 14h ce mercredi une trentaine d'éleveurs sont entrés en réunion à la sous-préfecture de Saint-Jean-de-Maurienne avec les représentants de l'Etat et le directeur du Parc national de la Vanoise. Ce dernier est libre après avoir été retenu par les éleveurs un peu plus de 15 heures dans la salle des fêtes de Bramans, tout comme l'agent du Parc en charge du secteur de Modane et le président du Conseil d'Administration du Parc.

Le préfet de Savoie Eric Jalon a souligné en préalable à la réunion que la séquestration était inacceptable et qu'il y aurait des poursuites.

Le Préfet accepte l'autorisation d'abattage de cinq loups en Savoie d'ici la fin 2015 mais l'exigence des éleveurs de tirs du loup dans la zone centrale du Parc national de la Vanoise relève d'une décision du ministère de l'Ecologie. Ségolène Royal, voire l'un des représentants de son ministère, pourrait venir dans les prochains jours en savoie discuter ce point.

Rappel de ce qui s'est passé mardi soir: vers 22h30 salle des fêtes de Bramans, Guy Chaumereuil, le président du Parc National de la Vanoise, Emmanuel Michau, son directeur et Franck Parchou, le chef de secteur, concluent une réunion publique consacrée à la fameuse charte du Parc, tant décriée par plusieurs communes des environs.

Mais rapidement, ce n'est plus cela le sujet qui fâche. Car soudain, une cinquantaine d'éleveurs de moutons, jusqu'à présent discrets, interviennent et annoncent aux trois responsables du parc qu'une longue nuit commence pour eux. Les éleveurs n'y vont pas par quatre chemins, ils sont désormais leurs otages et ils le resteront tant que le préfet de Savoie n'aura pas pris l'engagement solennel d'autoriser cinq tirs de loups supplémentaires dans le département, d'ici la fin de l'année. Le ton est cordial, mais ferme. 

Les éleveurs se disent excédés par les attaques de loups à répétition et l'inaction de l'Etat dans ce dossier. Une nuit dans une salle des fêtes, c'est disent-ils, bien peu de choses en comparaison de toutes ces nuit passées à la belle étoile à protéger leurs troupeaux.

Ils affirment que depuis le début de l'année, les attaques de loup s'élèvent à 156, rien que pour la Savoie, ce qui représente un total de 600 brebis tuées par le prédateur. Et l'estive ne finira pas avant fin septembre. A titre de comparaison en 2014 en Savoie 104 attaques de loups ont été comptabilisées. 

Luc ETELLIN, Président du syndicat Ovin de la Savoie, présent sur place