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Dossier : Incendie à l'usine Lubrizol à Rouen

Lubrizol : un an après l'incendie, plongée dans les archives de France Bleu Normandie

Le 26 septembre 2019, Lubrizol s'enflamme à Rouen. Un an après, l'incendie de cette usine classée Seveso seuil haut reste dans les mémoires.

Le panache de fumée noire au dessus de l'usine Lubrizol à Rouen visible depuis Canteleu
Le panache de fumée noire au dessus de l'usine Lubrizol à Rouen visible depuis Canteleu © Radio France - Véronique Houdan

C'était il y a un an. Le jeudi 26 septembre, au petit matin, un incendie se déclare dans l'usine Lubrizol, classée Seveso seuil haut. Il n'y a pas de victime, mais les conséquences à long terme sur la santé restent incertaines. Retour sur cette journée qui a marqué les esprits, bien au-delà de la métropole rouennaise.

Des explosions et un panache de fumée gigantesque 

Il est 2h40 quand l'incendie se déclare. Rapidement, c'est toute l'usine qui s'enflamme. Un périmètre de confinement de 500 mètres est mis en place autour de l'usine afin de sécuriser la population. Plus de 200 pompiers s'engagent dans une lutte acharnée. 

L'immense colonne de fumée noire très épaisse noircit la nuit - Antoine Sabbagh, reporter

France Bleu Normandie, radio d'alerte, prend l'antenne peu avant 6 heures pour informer les auditeurs. Antoine Sabbagh, notre reporter est alors sur les lieux, il décrit en direct ce qu'il voit : "c'est un brasier jaune et orange qui va très haut. Au dessus de ce brasier, il y a cette colonne de fumée noire très épaisse que l'on voit à des kilomètres à la ronde et qui noircit la nuit, qui est encore plus noire que la nuit". 

Lubrizol, récit du jour-J

L'immense panache noir de 22 kilomètres de long sur 6 de large est de plus en plus visible au fur et à mesure que le jour se lève.

L'incendie à l’usine Lubrizol de nuit
L'incendie à l’usine Lubrizol de nuit © Radio France - Thomas Schonheere

L'inquiétude, le premier sentiment qui prime 

L'inquiétude monte chez les habitants. "À Grand-Quevilly, on voit le grand panache qui va sur Rouen", indique l'un des auditeurs. "J'ai été réveillé et je suis en train de regarder, il y a énormément de fumée. L'incendie prend de l'ampleur, il y a des explosions". De la suie tombe même du ciel par endroit.

La préfecture a décidé de fermer les crèches et les établissements scolaires des communes proches de l'usine. A 8 heures, une sirène retentit pour avertir la population, l'inciter à se tenir informer de toutes les consignes. Le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, se veut alors rassurant  : "les premières analyses ne font pas apparaître de toxicité aiguës sur les principales molécules". Une phrase qui restera dans les mémoires. 

Les riverains sont incités à rester à l'abris, à éviter les déplacements inutiles, mais pour certains c'est insuffisant. "Il y a des rues évacuées et nous nous ne sommes pas informés du tout. On nous dit de ne pas s'inquiéter mais quand on voit que par endroit des voitures sont noires. Je veux que l'on m'informe de la gravité de la situation", indique une habitante. 

L'incendie à l'usine Lubrizol à Rouen vu de la place du Vieux Marché
L'incendie à l'usine Lubrizol à Rouen vu de la place du Vieux Marché © Radio France - Coralie Moreau

La gravité on la sent en tous cas dans les rues de Rouen, devenue ville fantôme. "Je n'ai jamais vu la place du Vieux-Marché déserte à ce point. Pas un bruit, personne ne passe, il y a personne. On a l'impression que le jour ne se lèvera pas" décrit notre reporter Coralie Moreau, présente sur place. Le feu sera circonscrit vers midi.  Il ne sera éteint qu'en soirée.

Une forte odeur désagréable 

Le feu est éteint mais la catastrophe est dans toute les têtes. Les jours qui suivent, les odeurs "d'hydrocarbures" rappellent ce qu'il s'est passé. "Sur les camions, on aperçoit des traînées de suie. Donc, si cela se dépose sur les camions, forcément on en respire", estime un travailleur rouennais masqué à notre micro au lendemain de l'incendie. 

Lubrizol, récit des jours qui suivent

L'odeur est parfois insupportable. "Dans ma salle, j'ai été prise de nausée, de vertige. J'ai donc refusé de faire cours", explique une professeure du lycée de Déville-lès-Rouen alors que la commune n'est pas concernée par la fermeture des établissements scolaires. Ces odeurs dérangeantes sont sans risque selon la préfecture. Elles sont liées au refroidissement du site.  Sur le site, le 27 septembre, une centaine de pompiers sont encore à la tâche.

Conséquences environnementales et colère des habitants 

Les conséquences ne sont pas uniquement olfactives. Les eaux utilisées par les pompiers se déversent dans la Seine, située pas loin. Des galettes d'hydrocarbures apparaissent sur le fleuve. "Nous avons disposé des barrages flottants avec des écrémeuses, des pompes de surface, qui prennent le produit et le met dans des bacs pour qu'il soit traité", alors Jean-Yves Lagalle, président du SDIS en Seine-Maritime. 

Mais la pollution ne se concentre pas qu'à Rouen. Les campagnes alentours elles aussi ont vu passer l'immense nuage de fumée noire. Le préfet prend des mesures : les producteurs, maraîchers et éleveurs, de 112 communes ne peuvent plus vendre ce qu'ils collectent par mesure de précaution. Un embargo qui va durer plus de deux semaines et qui va impacter grandement le monde agricole. Des producteurs vont même jeter leur lait sur la préfecture à Rouen pour protester le 11 octobre

Dès le lendemain soir, des manifestations réclameront plus de transparence sur cet incendie. Et face à cette défiance, un comité pour la transparence est créé à Rouen. Un an après, nous ne connaissons toujours pas toujours les origines exactes de l'incendie. 

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