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Faits divers – Justice

Lutte contre le terrorisme : les principales mesures du nouveau plan du gouvernement

vendredi 13 juillet 2018 à 15:41 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Le Premier ministre a présenté ce vendredi un nouveau dispositif d'action contre le terrorisme. Il prévoit notamment la création d'une unité pour suivre les détenus terroristes ou radicalisés à leur sortie de prison et d'un parquet national anti-terroriste.

Dévoilement d'une plaque commémorative en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, le 13 novembre 2017 à Paris.
Dévoilement d'une plaque commémorative en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, le 13 novembre 2017 à Paris. © Maxppp - Aurelien Morissard

Mieux combattre une menace jihadiste "mouvante" et désormais largement "endogène" : c’est l'objectif du nouveau plan de lutte contre le terrorisme présenté ce vendredi par Edouard Philippe depuis le siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). 

"Le terroriste n'est plus téléguidé par des cellules situées en Syrie ; il prend le visage de personnes, parfois de petits délinquants, ou de personnes psychologiquement fragiles, endoctrinées ou auto-radicalisées" a dit le Premier ministre qui a confirmé la DGSI dans son rôle de "pilotage" de la lutte antiterroriste : elle assurera désormais la "coordination opérationnelle" du renseignement et des investigations judiciaires. 

France Bleu fait le point sur les mesures phares de nouveau plan de lutte contre le terrorisme.

Création d'une unité pour suivre les détenus terroristes ou radicalisés à leur sortie de prison

D'ici à fin 2019, 48 détenus terroristes islamisteset 402 détenus de droit commun radicalisés - soit environ 450 individus - devraient sortir de prison. Pour les autorités, ils constituent un "défi" aggravant la menace intérieure.

Le gouvernement va donc créer une unité permanente de suivi de ces "sortants" au sein de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) dépendant de la Police nationale, avec l'appui d'agents du renseignement pénitentiaire. 108 postes vont être ouverts entre 2018 et 2020.

Création d'un parquet national anti-terroriste

Malgré l'opposition de nombreux magistrats, le gouvernement a aussi confirmé la création d'un parquet spécifique aux vastes compétences. La lutte antiterroriste est aujourd'hui confiée à une section du parquet de Paris, dirigé par François Molins. Devenu, d'attentat en attentat, le visage de l'antiterrorisme, le procureur Molins s'apprête à quitter ce poste stratégique pour rejoindre la Cour de cassation.

Le parquet national antiterroriste figurera dans le projet de loi organique accompagnant celui de programmation pour la justice, attendus à l'automne."Nous considérons ensemble qu'il est désormais nécessaire de permettre à un procureur de se consacrer à temps plein à la lutte antiterroriste", a expliqué M. Philippe, promettant que ce parquet "bénéficiera d'une équipe de magistrats et de fonctionnaires renforcée". 

La procureur générale de Paris, Catherine Champrenault, et les principaux syndicats de magistrats avaient vivement critiqué ce projet : selon eux, le fonctionnement actuel permet de mobiliser d'importants effectifs dans la foulée d'un attentat et de conserver une vision globale, de la petite délinquance au terrorisme.
 

La DGSI confirmée dans son rôle de "pilotage"

Le rôle de la DGSI comme chef de file opérationnel de la lutte antiterroriste sur le territoire national est conforté par Matignon. "Nous sommes en train de renforcer encore, au sein de la DGSI, les structures de veille, d'alerte et de coordination, dans lesquelles sont représentés tous les autres services" a affirmé Edouard Philippe. Un état-major réunissant 14 services doit être créé au sein de la DGSI.

Le Premier ministre a également souligné le "rôle central" des groupes d'évaluation départementaux (GED) qui regroupent, sous l'autorité des préfets, tous les services. Ils seront dorénavant réunis tous les 15 jours. Leur objectif sera "de renforcer l'exhaustivité et la fiabilité des informations contenues" par le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), qui contient quelque 20.000 noms. Des "informations à caractère confidentiel" pourront être échangées avec les maires mais il n'est pas question pour les édiles d'avoir "un accès libre aux fichiers" a indiqué le chef du gouvernement.

Depuis 2015, 246 personnes ont été tuées dans des attentats sur le territoire français.