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Faits divers – Justice

Lycée Sainte-Cécile d’Albi : 14 mois de prison avec sursis contre l’ancienne directrice accusée d'escroquerie

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Par , France Bleu Occitanie

L’ancienne directrice de l’établissement albigeois, son mari, et l’ancienne intendante du lycée sont poursuivis pour abus de bien-sociaux et escroquerie. Des salaires faramineux, des factures improbables qui ont plombé les comptes du lycée privé.

La prévenue a dirigé l'établissement privé Sainte-Cécile d'Albi pendant 27 ans.
La prévenue a dirigé l'établissement privé Sainte-Cécile d'Albi pendant 27 ans. - capture d'écran Google Maps

Albi, France

A l’audience, au tribunal correctionnel d’Albi, on sent que l’instruction a été longue et fouillée. Le tableau dressé par la présidente du tribunal provoque des remous dans la salle régulièrement. "Vous aviez vraiment besoin de changer vos volets pour 21 000 euros facturés à l’Ogec alors que les jeunes-filles dormaient à six par chambre et n’étaient surveillées que par une personne."  L’avocat de l’Ogec du lycée (l’organisme de gestion de l’enseignement catholique ) parle "d’un pillage organisé, pendant une très grande période. 27 ans où on se sert. Où les trois cadres n’ont aucune limite. Aucun interdit". L’avocat montre à la cour une facture de vin de 2 500 euros ou encore un ticket de chez Picard la veille de Noël pour 1 650 euros avec homards et noix de Saint-Jacques. "C’était sans doute pour les élèves ?" ironise l’avocat. 

"Sainte-Cécile : c’est ma vie, c'est mon bébé." 

Avec son tailleur noir, son brushing impeccable, son collier de perle, l’ancienne directrice le répète : "Sainte-Cécile, le lycée c’est ma vie, mon bébé" dit-elle de sa petite voix haut-perchée. Et la vieille dame raconte qu’elle n’a "aucune capacité à analyser une comptabilité" et estime que ces 15 000 euros de salaire mensuel sont justifiés par les années consacrées au lycée et à la réussite pédagogique de l’établissement. L’ancienne directrice était partie à la retraite en 2012. Elle avait été alors décorée de la légion d’honneur.  

"Pillage organisé"  

Ce sont les successeurs de la directrice qui ont découvert les difficultés de l’établissement. Le lycée avait aussi été épinglé par l’Urssaf. Les trois anciens cadres ne sont poursuivis que pour deux années (2010 et 2011). Les années précédentes n’ont pu être étudiées par la justice en raison de la prescription.  

Le parquet reprend les mots de la défense. "Vous avez tous organisé le pillage de l’Ogec." Il a demandé 14 mois de prison avec sursis et l’obligation de rembourser contre l’ancienne directrice. Le procureur a ensuite requis 10 mois à l’encontre de l’ancienne intendante. Il a enfin demandé 6 mois de prison à l’encontre du mari qui a géré l’internat.  L’avocat de la défense estime lui que "l’Ogec et l’enseignement catholique ont laissé à l’abandon ce lycée Sainte-Cécile. La seule faute de ces gens-là, c'est de ne pas avoir vu que le monde a changé."