Faits divers – Justice

"Ma mère, c'était une proie" : les filles de la locataire nancéienne témoignent au procès de son meurtrier présumé

Par Magali Fichter, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mercredi 11 janvier 2017 à 20:53

Le box des accusés à la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle
Le box des accusés à la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle © Radio France - Magali Fichter

Deuxième jour du procès d'un chauffeur de taxi nancéien devant les assises de Meurthe-et-Moselle, ce mercredi. L'homme de 46 ans est accusé d'avoir, à l'été 2013, assassiné une femme à qui il louait un logement, en la jetant par la fenêtre. La cour a notamment entendu les parties civiles.

Au deuxième jour du procès d'un chauffeur de taxi nancéien devant les assises de Meurthe-et-Moselle, la cour a entendu la famille de la victime, une femme de 47 ans. L'accusé l'aurait jeté par la fenêtre, l'été 2013. Il était son propriétaire, elle avait des retards de loyers. Les jurés entendent notamment les deux filles de la victime et on en a appris un peu plus sur cette femme de 47 ans. Une femme fragile, d'abord parce qu'elle est seule : pas beaucoup d'amis, pas vraiment de liens avec sa famille. Elle vit avec le RSA, elle n'arrive "pas vraiment à gérer sa vie". C'est ce que raconte sa fille aînée, qui l'a hébergée avant qu'elle n'habite l'appartement de l'accusé. "Nos rapports étaient inversés, c'est moi qui m'occupait d'elle. J'ai fini par mettre de la distance."

À cause du harcèlement de son propriétaire, elle était devenue craintive" - Karen, la fille de la victime

Seule Karen, sa fille cadette, la voyait encore de temps en temps : "Elle était fragile par rapport à ce qu'elle avait vécu étant jeune, elle a eu une enfance particulièrement difficile. C'est aussi ça qui a fait qu'elle savait se défendre. Mais avec le harcèlement de son propriétaire, elle a pris peur, elle était devenue craintive".

Quand Karen a appris la mort de sa mère, pourtant, elle a d'abord pensé à un suicide. Comme tout le monde d'ailleurs : c'est ce que rappelle Maître Alexandre Rolland, avocat de la défense : "La famille avait bien invoqué que la mère avait des tendances suicidaires, qu'elle prenait des médicaments. Par la suite, les enquêteurs ont reçu un appel de mon client, qui lui a rêvé qu'il avait pu commettre des faits d'homicide".

La suite, on la connaît, l'accusé a reconnu avoir tué la victime. Pour la première fois hier, il a présenté des excuses aux filles de son ancienne locataire. Mais pour elles, c'est impardonnable. "C'est un prédateur" dit l'aînée, et sa mère, "une proie".

Ce jeudi, les audiences seront consacrées, après la fin de l'interrogatoire de l'accusé sur les faits, aux expertises médicales.

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