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Société DOSSIER : Mai-68

Mai-68 : il y a 50 ans, 10 000 personnes manifestaient à Pau

lundi 14 mai 2018 à 12:17 Par Mathias Kern et Adrien Beria, France Bleu Béarn

Il y a 50 ans, le mouvement de contestation de mai-68 agitait aussi le Béarn. La plus grande manifestation a eu lieu le 13 mai, avec 10 000 personnes dans les rues de Pau. Ceux qui ont vécu cet événement racontent leurs souvenirs.

Le Crédit Lyonnais, rue Foch, est la première banque à s'être mise en grève à Pau, en mai-68.
Le Crédit Lyonnais, rue Foch, est la première banque à s'être mise en grève à Pau, en mai-68. - Adrien Béria - DR

Pau, France

Pas de violence à Pau et des rassemblements plutôt "bon enfant", c'est ce qui ressort des témoignages de ceux qui ont vécu les événements de mai-68, il y a 50 ans. Les usines, les banques, la poste sont alors en grève.

Les banques ferment leurs grilles

Le Crédit Lyonnais, rue Foch, est la première banque à s'être mise en grève à Pau. Anne-Marie Vayssier avait 24 ans à l'époque et y était employée. Elle raconte ces quelques semaines où les banques paloises ont fermé leurs portes.

"La question s'est posée : les gens n'avaient plus d'argent liquide et il n'y avait pas les billetteries" raconte Anne-Marie Vayssier.

L'un des symboles de la grève : l'usine Bidegain, fabricant de chaussures, qui a fermé depuis. Mais à l'époque, il s'agissait de l'un des plus gros employeurs palois. Pendant près d'un mois, l'usine a été occupée par ses salariés. 

"On m'a hissé sur les chaînes de montage, et là il a fallu que je développe : qu'est ce que pourrait apporter une grève aux salariés." 

Guy Mahérou a 30 ans à l'époque. Ce chauffagiste, secrétaire de l'union locale CGT de Pau, se souvient du blocage de l'usine Bidegain.

"On a eu une augmentation du SMIC de 32%" se souvient Guy Mahérou.

Dans les lycées aussi, la mobilisation s'organise

Patrick Bérit-Débat avait 16 ans en 1968. Il est engagé aux jeunesses communistes et en cours au Lycée Barthou. Selon lui, grâce au mouvement de mai-68, enfin la jeunesse paloise s'est mise à parler de politique, mais toujours dans le calme.

"Il n'y a pas eu de violence à Pau. Tout ce qu'on voyait à la télé, ça n'existait pas chez nous" précise Patrick Bérit-Débat.

Certains parlent même de mai 68 à Pau comme d'une "fête" qui a duré près de 3 semaines. Paulette Lebrun, 86 ans aujourd'hui, était alors infirmière à l'hôpital psychiatrique Saint Luc, le CHP d'aujourd'hui. 

"Les jeunes avaient un enthousiasme qui s'exprimait dans la rue"

Des revendications qui ont abouti pour l'hôpital psychiatrique, par exemple, sur le temps de travail pour les infirmières et sur les conditions de traitement des patients.

"Tout se passait le plupart du temps place Clemenceau" raconte Paulette Lebrun.