Faits divers – Justice

Maintien en vie de Vincent Lambert : une "obstination déraisonnable" pour Jean-Luc Romero

Par David Aussillou, France Bleu Champagne-Ardenne mercredi 25 juin 2014 à 8:09

Jean-Luc Roméro, président de l'ADMD
Jean-Luc Roméro, président de l'ADMD © Maxppp

La Cour européenne des Droits de l'Homme a demandé mercredi soir le maintien en vie de Vincent Lambert, quelques heures seulement après la décision du Conseil d'Etat qui demandait, lui, l'arrêt des soins. Invité de France Bleu, Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité, estime qu'il faut "une nouvelle loi".

"C'est une affaire terrible ", affirme Jean-Luc Romero. Le président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) et maire adjoint du 12e arrondissement de Paris était invité de France Bleu ce mercredi matin , après que la Cour européenne des droits de l'Homme a demandé le maintien en vie de Vincent Lambert

"A priori, il y a eu des experts qui ont vérifié la volonté qu'avait Vincent quand il était capable de le dire , qu'il n'aurait pas souhaité être dans cette situation ", explique Jean-Luc Romero. 

"Aujourd'hui, tout le monde reconnaît que c'est une obstination déraisonnable, et malheureusement, ça va continuer" — Jean-Luc Romero, président de l'ADMD, au micro de David Aussillou

Ce qui est "terrible" dans la décision de la CEDH selon le militant associatif, c'est qu'Il "y a des pays en Europe où on a le droit d'avoir l'euthanasie, et en France, même quand vous êtes dans une survie insupportable, vous êtes obligé de vivre. On n'y comprend plus rien ", déplore Jean-Luc Romero, qui demande une nouvelle loi pour remplacer l'actuelle loi Leonetti sur la fin de vie.

"C'est aux politiques de faire une loi "

Alors que le procès Bonnemaison, où se posent également des questions liées à l'euthanasie, se termine ce mercredi, Jean-Luc Romero estime qu'il faut acquitter le médecin accusé d'avoir abrégé la vie de sept patients : "Il est victime de cette loi Leonetti, dont les médecins et les patients ne s'emparent pas, parce qu'elle est compliquée, parce que la sédation terminale, c'est-à-dire arrêter d'alimenter et d'hydrater les gens, ça ne fait envie à personne ". 

"Ce n'est pas au juge de s'occuper de tout cela, c'est aux politiques de faire une loi qui permette à la personne de décider ce qu'elle veut en fin de vie ", conclut Jean-Luc Romero. 

Jean-Luc Romero, invité de David Aussillou sur France Bleu

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