Faits divers – Justice

Maison de retraite de la Pacaudière : un an de prison avec sursis requis contre l'aide-soignante accusée de maltraitance

Par Julien Corbière, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 29 septembre 2015 à 18:48

Le palais de justice de Roanne
Le palais de justice de Roanne

Le tribunal correctionnel de Roanne juge ce mardi une aide-soignante de la maison de retraite du Roannais. Elle comparaît pour des "violences habituelles" sur des résidents entre 2011 et 2014. A la barre, l'employée se défend.

L'audience a commencé vers 17h devant le tribunal correctionnel de Roanne, après quatre heures d'attente devant une salle pleine. Si les résidents de la maison de retraite de la Pacaudière ne sont pas présents, beaucoup de familles ont fait le déplacement. Une aide-soignante de 56 ans est jugée pour des "violences habituelles" sur des résidents, par exemple des ongles brossés jusqu'au sang ou des fenêtres laissées volontairement ouvertes dans les chambres. Le faits se seraient déroulés entre 2011 et 2014.

Le personnel présent : des collègues avaient dénoncé les faits

La quasi-totalité du personnel est présent. Huit de ces salariés sont d'ailleurs cités comme témoin. Ce sont eux qui ont averti la direction sur les agissements présumés de leur collègue. Il y a 26 victimes déclarées dans cette affaire. L'EHPAD s'est également constitué partie civile.

Reportage à la sortie du tribunal avec la directrice de l'EHPAD et son avocat.

La prévenue surnommée la "méchante" par les résidents

A la barre, l'aide soignante répond aux questions de la Présidente sans se démonter. Quand la magistrate évoque des "punitions" infligées aux résidents, comme par exemple le fait de confisquer les télécommandes des  lits électriques, elle répond toujours que c'était pour leur protection. A propos des "toilettes vigoureuses", elle répète qu'elle n'a fait que son travail. L'un des résidents a témoigné à l'époque en parlant de "la méchante" qui s'occupait de lui.

Une aide-soignante expérimentée : "Oui, j'ai pu être autoritaire"

Le tribunal a évidemment examiné la personnalité et le parcours professionnel de l'aide-soignante. Elle travaille depuis 36 ans dans ce métier et sa mère était avant elle aide-soignante à la Pacaudière. Elle travaillait de nuit au moment des faits et elles étaient deux, avec sa collègue, pour gérer 86 résidents. Alors elle explique : _**"J'ai toujours essayé de faire mon travail du mieux possible. Avec la fatigue et la charge de travail, oui, c'est vrai, j'ai pu être un peu autoritaire".

_## Un an de prison avec sursis requis par le procureur**

Pour les faits qui lui sont reprochés, le procureur a demandé au tribunal de condamner cette aide-soignante, qui ne travaille plus depuis le mois de mars 2014, à un an de prison avec sursis. Il a demandé également qu'il lui soit interdit de travailler de nouveau au contact de personnes âgées. Les parties civiles ont demandé un euro symbolique de dédommagement.