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Faits divers – Justice

Me Ronald Gallo : "Emmanuel Macron veut créer une justice lapidaire et expéditive"

mercredi 7 novembre 2018 à 9:25 Par Margaux Sieffert et Nicolas Crozel, France Bleu Isère

Le projet de loi sur la réforme de la justice est débattu en ce moment à l'Assemblée Nationale. Les avocats y voient une régression pour les droits de la défense, notamment avec la création d'un "tribunal criminel" sans jury populaire. Le ténor du barreau de Grenoble Maitre Gallo s'explique.

Ronald gallo invité de France Bleu Isère
Ronald gallo invité de France Bleu Isère © Radio France - Margaux Sieffert

Grenoble, France

La création d'un nouveau tribunal criminel est une des mesures phares du projet de loi sur la réforme de la justice. "Le gouvernement veut le mettre en place pour juger tous les crimes dont la peine maximale est de 20 ans de prison, comme les viols ou les violences ayant entraînées la mort sans intention de la donner", explique Ronald Gallo. 

Maitre Ronald Gallo dénonce la réforme de la justice

Mais que deviendra alors la cour d'assises ? "Elle sera uniquement réservée aux crimes les plus graves, dont la peine encourue excède 20 ans de réclusion, comme les meurtres et les assassinats", précise M. Gallo. Une mesure qui selon lui créerait ainsi deux catégories de crimes, ce que contestent les avocats pénalistes dans leur immense majorité.

Ils estiment que la réforme a pour unique but de gagner du temps : "La justice est supposée être rendue au nom du peuple français et s'il y a bien une juridiction avec cette exigence, c'est la cour d'assises. Elle est hors du temps, car on passe du temps avec ceux qu'on juge. Or les politiques au pouvoir qui sont des "gestionnaires" veulent gagner du temps pour faire des économies", dénonce encore le ténor du barreau de de Grenoble. "On craint un grand tribunal correctionnel, où les magistrats regardent la montre à cause du nombre de dossiers à gérer. Emmanuel Macron est obsédé par cette question du temps", rajoute l'avocat. 

"On ne peut pas sacrifier la recherche de la vérité sur l'hôtel de l'économie" — Ronald Gallo, avocat

L'oralité des débats est également remis en question. "Si on supprime la cour d'assises pour y mettre un tribunal criminel composé uniquement de magistrats professionnels, on supprime tout ce qui fait une vraie justice populaire. C'est l'oral, les débats, les échanges qui  font le seul d'un procès d'assises", argumente l'avocat.

Selon la profession, la question des délais d'audience qui s'allongent et des cours d'assises saturées peut se résoudre autrement : "Ce n'est pas la manière dont les dossiers sont traités qu'il faut revoir, mais le nombre de magistrats et les moyens mis à la disposition de la justice française. Ce que je ne veux pas et ce vers quoi je me bats est la justice lapidaire, expéditive", clame-t-il. "On ne peut pas sacrifier la recherche de la vérité sur l'hôtel de l'économie", conclu Ronald Gallo.