Faits divers – Justice

Malaise au tribunal de Perpignan

Par Anne-Natacha Bouillon, France Bleu Roussillon mardi 29 avril 2014 à 10:27

Tribunal de Perpignan - palais de justice
Tribunal de Perpignan - palais de justice © MaxPPP

Des affaires reportées plusieurs fois, des personnes jugées pour des faits qu'elles ont commis il y a des années, des enquêtes qui piétinent, des crimes requalifiés en délits... Autant de dossiers révélateurs du malaise de la justice qui provoquent la colère des avocats perpignanais.

Le malaise de la justice est réel et les exemples sont légion à Perpignan, avec ses greffiers en grève, ses policiers obligés d'aller à l'hôpital pour qu'un médecin se prononce sur l'état de santé des gardés à vue. Les liberaux ne veulent plus se déplacer au commissariat, car ils sont payés trop tardivement par la justice...

Autre exemple : lors de la dernière session d'assises, on a jugé un homme qui avait mortellement blessé un fêtard lors d'une rave-party. Les faits remontaient à plus de cinq ans. Les avocats s'en sont étonné et l'un d'eux a même demandé des comptes à la justice. Cinq ans après, il est très difficile de se remémorer la scène. Anne-Natacha Bouillon les a rencontré.

Justice / Enrobé Longeur

Par ailleurs, de nombreux crimes sont requalifiés en délits et les auteurs encourent des peines beaucoup moins lourdes : les viols deviennent des agressions sexuelles, des braquages sont jugés 48 heures après en comparution immédiate. Les avocats sont outrés.

Justice / Enrobé crime / Délit

La justice fonctionne mal, très mal. C'est ce que constate tous les jours Pierre Parrat. Cela fait près de 40 ans qu'il est avocat à Perpignan.

Justice / Son Parrat

INVITE procureur

Deux grosses affaires, qui ont récemment défrayé la chronique, illustrent parfaitement la lenteur de la justice : l'affaire de la Socodivin et l'affaire Bouille.

Dans la première, des dizaines de viticulteurs ont été escroqués. Elle a éclaté en 2005 et a été jugée en février 2014. Elle n'est pas terminée : Jean-Luc Cabaner, condamné pour escroquerie et remis en liberté ce mardi, a fait appel.

A Saint Cyprien, ce qu'on a appelé l'affaire "Bouille" du nom de l'ancien maire a été révélée en 2008. Lui s'est suicidé en prison, mais une dizaines d'autres personnes restent poursuivies notamment pour escroquerie. Elles devraient être jugées en novembre 2014.