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Malaise des policiers: les syndicats tentent de reprendre la main

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne lundi 24 octobre 2016 à 11:12

Christian Pous, du syndicat de police SGP-FO
Christian Pous, du syndicat de police SGP-FO © Radio France - Aurélie Jacquand

Une semaine après leur première manifestation, les policiers poursuivent leurs rassemblements spontanés. Des rassemblements que les organisations syndicales aimeraient cadrer. Elles sont reçus ce lundi par en Préfecture et mercredi par François Hollande.

C'est une semaine cruciale qui commence pour les policiers. Les syndicats seront reçus mercredi par François Hollande, mais dès ce lundi, des réunions de concertation sont organisées dans les Préfectures. L'objectif est de faire remonter une sorte de cahiers de doléances avec les principales demandes des policiers: plus de moyens humains et matériels, des peines plus lourdes pour leurs agresseurs ou encore la révision des règles de légitime défense.

Des syndicats débordés par la base

Depuis l'attaque au cocktail Molotov de quatre policiers à Viry-Chatillon le 8 octobre, la grogne des policiers n'a cessé de prendre de l'ampleur. Tous les jours, dans différentes villes (jeudi dernier à Reims et à Châlons-en-Champagne), des rassemblements ont lieu, de façon totalement spontanée, c'est-à-dire hors de toute organisation syndicale. Conséquence, certains rassemblements sont parfois "récupérés" par l'extrême droite et certains policiers n'hésitent pas à manifester en uniforme, ce qui est interdit: "Ils risquent des sanctions qui vont de l'avertissement au blâme et même à la révocation", explique Christian Pous, délégué du syndicat SGP-FO dans la Marne. Après une semaine, les syndicats tentent aujourd'hui de recadrer le mouvement, mais ils ne peuvent que constater un "désamour" de la part de leurs collègues. "Nos collègues ne nous reprochent pas de ne pas travailler, mais de ne pas obtenir. Ils sont excédés ce qui explique ces rassemblements spontanés", avoue Christian Pous.

"On veut de la protection et de la reconnaissance" - Christian Pous

Le délégué du syndicat de police SGP-FO dans la Marne explique également l'exaspération de ses collègues par la fatigue. "On limite les congés pour maintenir des patrouilles à l'extérieur, mais on est à bout", explique Christian Pous. Les policiers réclament donc de la protection et de la reconnaissance. La protection passe par le matériel, mais aussi par la réponse de la justice, disent-ils et ils ressentent aussi un manque de reconnaissance de la part de leur hiérarchie: "Nos hiérarchies deviennent des comptables pour avoir de bonnes statistiques et elles ne nous soutiennent plus", conclut-il.

Cette réunion avec le Préfet de la Marne, Christian Pous espère que ce ne sera pas simplement une réunion de plus: "Si elle a uniquement vocation à apaiser, on ne pourra pas le cautionner, il faut que ça aboutisse à des actes pour protéger les agents qui paient de leur personne".

Christian Pous: "Cette réunion en Préfecture doit aboutir à des actes"

L'intersyndicale Alliance - Synergie Officiers- Unsa prévoit des rassemblements chaque mardi devant les palais de justice, de 13h à 13h30, mais pourrait y renoncer si les échanges d'aujourd'hui avec l'Etat sont fructueux. Le syndicat SGP-Fo appelle de son côté citoyens et commerçants à participer aux côtés des policiers à des marches de la colère, ce mercredi 26 octobre.

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