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Faits divers - Justice
Dossier : Opération Barkhane : treize militaires français morts au Mali

Mali : ce que l'on sait de la mort de treize militaires français dans un accident d'hélicoptères

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Treize militaires français de l'opération Barkhane ont été tués au Mali dans une collision entre deux hélicoptères lundi soir, lors d'un combat contre des djihadistes. Circonstances de l'accident, identité des victimes, réactions... voici ce que l'on sait de cet accident.

L'hommage aux militaires tués au Mali au 4e régiment de chasseurs de Gap, ce mardi.
L'hommage aux militaires tués au Mali au 4e régiment de chasseurs de Gap, ce mardi. © AFP - JEFF PACHOUD

Treize militaires français de la force Barkhane ont été tués lundi soir au Mali, dans la collision de deux hélicoptères lors d'un combat contre des djihadistes, a annoncé l'Élysée ce mardi. 

Alors que cet accident - l'une des plus lourdes pertes de l'armée française depuis 1983 - provoque une vive émotion et déclenche de nombreux hommages, on devrait en savoir plus sur les circonstances car les boîtes noires des deux hélicoptères militaires ont été récupérées et vont être analysées.

Une cérémonie d'hommage national aura lieu ce lundi 2 décembre aux Invalides, à Paris, a appris ce mercredi franceinfo de source gouvernementale.

Que s'est-il passé ?

Une enquête a été ouverte pour éclaircir les circonstances de l'accident. Il s'est produit lundi soir, pendant une "opération de combat" dans le Liptako, dans la région de Ménaka, à la frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Une zone dans laquelle la force militaire française Barkhane mène régulièrement des opérations contre les groupes armés, dont le groupe Etat islamique Grand Sahara. 

Le général François Lecointre, chef d'état-major des Armées, a précisé que "des commandos parachutistes avaient observé, lundi vers 17h15, un groupe d'ennemis équipé d'un pick-up et de plusieurs motos". "Ils sont entrés en contact par le feu avec cet ennemi et ont fait appel à des moyens aériens", a-t-il ajouté. Alors que des échanges de tirs avaient lieu au sol, deux hélicoptères Tigre et un Cougar sont arrivés rapidement sur zone. Puis les militaires au sol ont entendu les explosions produites par la collision des hélicoptères. 

Des conditions extrêmes, une nuit noire ou les hélicoptères volaient tous feux éteints - Florence Parly, ministre des Armées 

La ministre des armées Florence Parly a précisé que l'accident avait eu lieu dans "des conditions opérationnelles extrêmes, dans une nuit noire ou les hélicoptères volaient tous feux éteints." "Il semblerait que dans le cadre d'une manœuvre d'évitement d'une zone réservée pour d'autres tirs, il y ait eu l'abordage des hélicoptères", a complété le général Pierre-Joseph Givre, commandant la 27e Brigade d'infanterie de montagne qui a perdu six militaires dans l'accident. "C'est dans le cadre de la manœuvre d'aéro-combat qu'a eu lieu la collision", a précisé le général. 

Qui sont les victimes ? 

Ces militaires de l'armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, sont originaires de plusieurs régiments et de différentes régions. 

Il nous rassurait toujours et ne voulait pas que sa maman soit trop inquiète - Jean-Marie Bockel, père de Pierre Bockel, l'un des militaires tués 

Parmi les victimes, Pierre Bockel, le fils de l'ancien ministre et sénateur centriste Jean-Marie Bockel. "C’est le meilleur des fils, le plus merveilleux des garçons", a confié, très ému, Jean-Marie Bockel à franceinfo. "Un fils adorable, un frère adoré, un fiancé amoureux, un futur papa", a-t-il décrit. Il était "très fier de ce qu’il faisait, très fier d’être au service de son pays, passionné par son métier de pilote d’hélicoptère", a témoigné son père. Envoyé quatre fois au Mali, "il nous rassurait toujours et ne voulait pas que sa maman soit trop inquiète. Il racontait parfois des choses à des frères et sœurs qu’il ne nous racontait pas, pour ne pas nous inquiéter", a raconté Jean-Marie Bockel.

Émotion et hommages 

"Ces treize héros n'avaient qu'un seul but : nous protéger", a réagi sur Twitter le président Emmanuel Macron, qui, dans un communiqué, a aussi salué "avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel".

"Cette terrible nouvelle endeuille nos armées, la communauté de défense et la France toute entière", a déclaré la ministre des Armées Florence Parly. 

Le gouvernement du Mali et le président du Burkina Faso ont exprimé leur solidarité avec la France, dont les militaires combattent les djihadistes aux côtés de leurs armées nationales.
"C'est l'Europe toute entière qui est en deuil, car au Mali comme ailleurs c'est l'armée française qui défend l'honneur et la sécurité de l'Europe", a de son côté réagi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Ils nous manquent déjà - Le général Pierre-Joseph Givre, commandant la 27e Brigade d'infanterie de montagne

Les militaires ont également exprimé leur émotion."Ils nous manquent déjà", a confié le général Pierre-Joseph Givre, commandant la 27e Brigade d'infanterie de montagne qui comptait dans ses rangs six des treize militaires tués. Il y a "beaucoup d'émotion parce que ce sont nos frères d'armes", a-t-il déclaré à la presse. "Mais la guerre n'est pas un modèle mathématique et le risque zéro n'existe pas. C'est la prise de risque calculée et l'audace qui sauvent des vies", a-t-il souligné.

Un hommage national aux Invalides 

Un hommage national aux Invalides sera rendu aux victimes "dans les jours prochains". "Je sais que la Nation toute entière sera soudée" à cette occasion, a déclaré Florence Parly au ministère de la Défense.

La classe politique unanime 

Le monde politique a unanimement exprimé son émotion ce mardi. Les minutes de silence observées au Sénat puis à l'Assemblée nationale ont témoigné du choc provoqué par la plus grosse perte de l'armée française depuis 36 ans et l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, qui avait fait 58 morts. 

Les 13 soldats décédés au Mali "ont sacrifié leur vie pour notre patrie", a déclaré le président de l'Assemblée, Richard Ferrand, résumant la tonalité des hommages exprimés à droite comme à gauche.
Christian Jacob (LR) a ainsi salué les soldats "partis se battre contre la barbarie islamiste", Olivier Faure (PS) ceux qui "poursuivent avec courage leur combat contre le terrorisme", Fabien Roussel (PCF) les "soldats mobilisés dans le combat commun contre le terrorisme" et Marine Le Pen (RN) les "camarades de combat qui font face au djihadisme".

L'opération Barkhane remise en question par La France insoumise, "indispensable" pour le gouvernement

Mais, tout en exprimant leur "vive émotion", les députés de La France Insoumise ont affiché leur divergence. Ils ont appelé le gouvernement à "ouvrir une discussion sérieuse et rationnelle pour envisager les voies de sortie" de la "guerre" au Mali. 

Répondant au député La France Insoumise Bastien Lachaud, le Premier ministre Edouard Philippe a qualifié d"indispensable" l'action militaire au Sahel, arguant qu'il en est de "l'intérêt de notre pays". L'heure est "au recueillement" et non "au questionnement sur le bien-fondé" de l'engagement militaire au Sahel, a souligné la ministre des Armées Florence Parly.

Un contexte très tendu au Sahel 

Cet accident porte à 41 le nombre de militaires français tués au Sahel depuis le début de l'intervention française en 2013, avec l'opération Serval. Il survient au moment où l'efficacité et les marges de manœuvre de l'armée française sont mises à rude épreuve par la détérioration sécuritaire au Sahel. 

L'opération Barkhane, qui a succédé à Serval depuis août 2014, mobilise 4.500 militaires français dans la bande sahélo-saharienne, une étendue grande comme l'Europe, en soutien aux armées nationales qui combattent des djihadistes affiliés au groupe Etat islamique ou à Al-Qaïda.

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