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Maltraitance au travail : la direction du CH du Belvédère près de Rouen visée par une plainte

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Par , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Une médecin du centre hospitalier du Belvédère à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen, porte plainte contre la direction pour harcèlement moral. Depuis des mois, les méthodes de management au sein de l'établissement sont dénoncées sans aucune réponse des autorités de tutelle.

Le centre hospitalier du Belvédère à Mont-Saint-Aignan.
Le centre hospitalier du Belvédère à Mont-Saint-Aignan. © Radio France - Coralie Moreau

Après plusieurs plaintes devant le tribunal administratif, une première plainte au pénal

C'est quelque chose qu'on ne fait pas mais qui s'impose à nous. C'est avec ces mots que la médecin explique sa démarche. Le 22 janvier 2021, elle a déposé plainte auprès du procureur de la République de Rouen contre la direction du centre hospitalier du Belvédère pour harcèlement moral. Une plainte accompagnée d'un procès verbal pour harcèlement moral dressé par l'inspecteur du travail.

C'est comme un rouleau compresseur qui nous tombe dessus et qui nous empêche d'exercer"

En plus d'une activité libérale, cette médecin tient une consultation hebdomadaire au Belvédère depuis plus de 20 ans. Début janvier, elle contracte une forme sévère de covid et est arrêtée. A son retour, sa consultation est vide, la direction lui demande des comptes sur sa récente baisse d'activité et lui annonce la suspension de son salaire. Pendant deux mois, la médecin vient donc au travail mais n'est plus payée. Elle ne pourra rencontrer la direction que 6 mois après, une entrevue si violente que la praticienne est arrêtée deux mois par un médecin qui estime qu'il s'agit d'un accident du travail. A son retour, elle découvre que les lieux lui sont interdits. Aujourd'hui encore, elle ne parvient plus à se rendre dans l'établissement où elle a fait ses débuts de toute jeune médecin et l'émotion est vive : "C'est comme un rouleau compresseur qui nous tombe dessus et qui nous empêche d'exercer". Aujourd'hui, cette femme continue à exercer en libéral mais la médecine du travail l'a reconnue inapte à son poste à l'hôpital en raison de l'attitude de la direction. 

Un harcèlement et un mal-être au travail dénoncés par plusieurs soignants de l'établissement

La plaignante reconnaît que le fait d'avoir une activité majoritairement libérale, en-dehors du Belvèdère, l'a sans doute aidée à porter plainte. Pour les salariés de l'hôpital, dénoncer est beaucoup plus difficile. La souffrance est pourtant bien réelle.

De nombreux témoignages font état d'une extrême souffrance au travail, liée, là encore, aux méthodes de management. "C'est un régime de terreur", "de la perversion" selon leurs mots qui se traduit par "de petites humiliations quotidiennes" : retraits de certaines attributions dans les postes, multiplication des demandes de tâches inutiles, surcharge de travail, humiliations verbales.... 

Un mal-être qui va très loin. Une soignante raconte cette fois où, sur son lieu de travail, elle est montée sur le rebord de la fenêtre pour sauter "c'était la seule solution que je voyais pour que ça s'arrête", explique-t-elle. Elle s'est arrêtée à temps et est allée voir la médecine du travail qui l'a arrêtée pour dépression.

D'autres racontent ces scènes de "craquage" au travail. Des soignants ont fait la démarche d'alerter la médecine du travail pour une autre collègue qui avait confié avoir des idées suicidaires. 

Un extrême mal-être mis en lumière dans un rapport d'audit externe

Cette souffrance a pu être constatée par un organisme indépendant chargé d'effectuer un audit sur les risques psycho-sociaux au sein de l'établissement.

France Bleu Normandie a pu se procurer l'intégralité du rapport. Il est édifiant. Il y est mis en évident le "très fort ressenti négatif du style managérial de la direction générale". Ce rapport relève aussi le danger pour la santé mentale des salariés. Il relève une forte hausse des arrêts de travail (+31,4% entre 2017 et 2019), des arrêts plus longs, qui touchent beaucoup de cadres aussi. Y sont indiquées aussi les nombreuses alertes relayées par la médecine du travail, l'inspection du travail et les praticiens. 

Des alertes auxquelles n'ont jamais répondu ni l'ARS (agence régionale de santé), ni le ministère de la santé. Dans un communiqué, l'ARS se félicite d'un rapprochement validé avec le CHU de Rouen. Mais à quel prix se demandent aujourd'hui les soignants du Belvédère qui s'estiment sacrifiés "au bénéfice du redressement financier de l'établissement".

Un coût humain très lourd pour cette maternité qui reste aujourd'hui encore dans le classement des meilleurs établissements de santé de France, qui a reçu en premier le label "maternité bienveillante" et qui fait figure de pionnière en terme de projet de naissance. 

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